Le déploiement d’une nouvelle escadrille de chasseurs furtifs F-35A au Moyen-Orient et l’arrivée de l’USS Gerald R. Ford marquent une intensification de la pression militaire américaine sur l’Iran. Parallèlement, des rapports indiquent que la Chine fournit une assistance satellitaire cruciale à Téhéran pour contrer d’éventuelles frappes.
Dans cette optique, la situation actuelle peut être perçue non comme un effondrement de la diplomatie, mais plutôt comme sa militarisation.
Si les partisans de cette thèse fondent leurs arguments sur plusieurs considérations liées aux capacités militaires de Téhéran d’une part, et à l’insuffisance des moyens militaires américains dans la région d’autre part, l’insistance récente de l’administration Trump à renforcer sa présence militaire au Moyen-Orient, conjuguée à la suggestion du président lui-même d’un changement de régime – affirmant que « ce serait la meilleure chose qui puisse arriver » et qu’« il y a des gens » capables de « diriger » le pays –, a contribué à une vision différente.
De nombreux rapports indiquent que le Pentagone a ordonné le déploiement du porte-avions le plus moderne au monde, l’USS Gerald R. Ford, depuis les Caraïbes pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie.
Cela signifie concrètement le déploiement dans la région de centaines d’avions de chasse et de missiles Tomahawk, prêts à être lancés immédiatement.
Reuters a également cité des sources bien informées selon lesquelles l’armée américaine se prépare à l’éventualité de lancer des opérations soutenues contre l’Iran pendant plusieurs semaines, incluant des frappes contre des installations étatiques et des infrastructures de sécurité, et pas seulement sur des sites nucléaires.
Déploiement aéro-naval d’envergure
Par ailleurs, le magazine The National Interest a rapporté que douze chasseurs F-35A Lightning II appartenant à la 158e escadre de chasse de la Garde nationale aérienne du Vermont sont en route vers le Moyen-Orient dans le cadre d’un renforcement militaire dans la zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis (CENTCOM).
Selon les informations disponibles, les appareils empruntent au moins deux itinéraires, avec des escales à Lajes Field, aux Açores, territoire portugais situé au milieu de l’Atlantique, puis soit à la base aérienne de Lakenheath au Royaume-Uni, soit à la base aérienne de Morón en Espagne.
Si les raisons de cette décision de scinder les itinéraires de vol restent floues, six chasseurs, accompagnés d’avions ravitailleurs KC-135 Stratotanker, ont déjà entamé leur traversée transatlantique depuis Porto Rico, où ils étaient stationnés le mois dernier dans le cadre de l’opération Inherent Resolve, visant à capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro.
L’axe Pékin-Téhéran
Dans ce contexte de tensions croissantes, les observateurs estiment que négocier par la force est intrinsèquement instable, même si les deux parties cherchent à éviter une guerre ouverte. Une erreur d’appréciation ou des pressions internes – compte tenu de l’existence de deux camps aux États-Unis, l’un prônant un changement de régime et l’autre une frappe rapide pour renforcer la position de négociation américaine – pourraient pousser les deux camps au bord du conflit.
Quelles que soient les véritables intentions des États-Unis, l’Iran, avec l’aide de plusieurs alliés, dont la Chine, se prépare à toute frappe potentielle.
Selon le site web sud-coréen Military Watch, Pékin fournit à Téhéran des renseignements et des communications satellitaires afin de renforcer sa capacité à résister à une éventuelle attaque menée par les États-Unis et à lancer des frappes de représailles contre ces derniers.
Le rapport indique que des images satellites commerciales chinoises ont récemment révélé une augmentation significative du nombre d’avions ravitailleurs KC-135 de l’US Air Force effectuant des ravitaillements en vol sur la base aérienne d’Al Udeid au Qatar.
La diffusion de ces images a coïncidé avec la révélation des emplacements précis du système de défense aérienne Patriot de l’armée américaine sur la base qatarie, ainsi qu’avec la publication d’images par la société satellitaire chinoise MizarVision confirmant le déploiement du système de défense antimissile américain THAAD sur la base aérienne d’Al Azraq en Jordanie.
Ces événements ont alimenté les spéculations selon lesquelles il s’agirait d’un message visant à démontrer que la précision des frappes iraniennes serait nettement supérieure lors d’un futur conflit grâce au soutien de Pékin.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
