D’après les informations du média américain Axios, le président Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont profité de leur entretien à la Maison Blanche, mercredi dernier (11 février), pour définir une stratégie commune. Citant des responsables américains, le site rapporte que les deux dirigeants ont convenu d’intensifier la campagne de « pression maximale » contre Téhéran, en visant spécifiquement la réduction de ses exportations pétrolières vers la Chine.
Premier acheteur de brut iranien, la Chine absorbe plus de 80 % des exportations du pays, faisant fi des sanctions américaines. Pour ce faire, Pékin et Téhéran ont instauré un mécanisme commercial basé sur le yuan et un réseau d’intermédiaires, permettant d’éviter l’usage du dollar et la surveillance des régulateurs financiers des États-Unis.
Les sources américaines d’Axios estiment que cet étranglement économique pourrait contraindre l’Iran à de nouvelles concessions sur son programme nucléaire. Cette offensive financière s’inscrit dans une approche globale mêlant négociations diplomatiques et renforcement militaire au Moyen-Orient, afin de préparer d’éventuelles frappes si la diplomatie devait échouer.
Dans cette optique, Donald Trump a signé il y a dix jours un décret ouvrant la voie à des droits de douane de 25 % sur les importations en provenance de pays commerçant avec l’Iran. Une telle escalade risque de fragiliser davantage les rapports entre Washington et Pékin, alors qu’un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping est prévu en avril prochain dans la capitale chinoise.
Netanyahu : Un accord jugé « impossible »
Toujours selon Axios, si Trump et Netanyahu s’entendent sur la nécessité absolue d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique, les deux hommes divergent sur la méthode. Le Premier ministre israélien a ainsi affirmé au président américain qu’il était impossible de conclure un accord satisfaisant et que, même si un texte était signé, Téhéran ne le respecterait pas.
De son côté, Donald Trump a maintenu sa conviction qu’une entente restait possible, répondant simplement : « On verra bien. Essayons. »
La position des conseillers de la Maison Blanche
Axios révèle également que le président a récemment consulté ses conseillers, Steve Witkoff et Jared Kushner, sur la viabilité d’un compromis avec l’Iran. Bien qu’ils jugent l’obtention d’un bon accord extrêmement difficile, voire impossible au regard du contexte historique, ils ont noté que les représentants iraniens tenaient jusqu’ici un discours qualifié d’« idéal ».
Kushner et Witkoff ont assuré à Donald Trump qu’ils maintiendraient une ligne dure durant les négociations. Ils ne soumettront au président que les propositions qu’ils jugeront pleinement satisfaisantes, lui laissant ainsi le soin de trancher en dernier ressort.
Un calendrier diplomatique sous tension
Des discussions directes entre Washington et Téhéran doivent s’ouvrir mardi prochain à Genève, sous la médiation d’Oman, pour traiter du nucléaire et de la désescalade régionale. Ces échanges font suite à une session de négociations indirectes tenue le 6 février dernier. Trump avait alors annoncé la reprise du dialogue pour le début de la semaine prochaine, sans toutefois fixer de date précise.
Washington planifie une campagne militaire prolongée
Parallèlement à ces efforts diplomatiques, deux responsables américains ont révélé à Reuters que l’armée des États-Unis se prépare à l’éventualité de lancer des opérations militaires soutenues contre l’Iran sur plusieurs semaines, si Donald Trump en donnait l’ordre. La planification actuelle prévoit un large éventail d’options ciblant non seulement l’infrastructure nucléaire, mais aussi des installations gouvernementales et de sécurité, dans l’attente d’une riposte iranienne pouvant mener à un échange de frappes prolongé.
S’adressant aux troupes américaines sur une base en Caroline du Nord, Donald Trump a souligné la difficulté de parvenir à un accord, ajoutant qu’il faut parfois « avoir peur », une allusion directe à l’option militaire. Il a également évoqué un possible changement de régime à Téhéran, déclarant : « Cela semble être la meilleure chose qui puisse arriver. »
Le secrétaire d’État Marco Rubio a abondé dans ce sens, affirmant qu’un accord restait « très difficile » malgré la préférence du président pour la diplomatie. En préparation d’une campagne potentiellement longue, le Pentagone a déjà déployé un deuxième porte-avions dans la région, accompagné de milliers de soldats, d’avions de chasse et de destroyers lance-missiles.
Alors que le Pentagone refuse de commenter officiellement ces plans, la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a rappelé que « le président Trump envisage toutes les options concernant l’Iran ».
Pour rappel, les États-Unis et ‘Israël’ accusent l’Iran de poursuivre des objectifs militaires nucléaires, tandis que Téhéran soutient que son programme est strictement civil et destiné à la production d’électricité. L’Iran dénonce des prétextes fabriqués par Washington et Tel-Aviv pour justifier une agression militaire et promet une riposte systématique. La République islamique conditionne toute limitation de ses activités nucléaires à la levée totale des sanctions occidentales.