lundi, 02/11/2026   
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Menaces, insultes et sous-entendus sexuels : le NYT analyse 6.500 extraits des discours de Trump

Une analyse du New York Times – qui a utilisé l’intelligence artificielle pour examiner plus des milliers d’extraits de discours du président américain Donald Trump depuis l’année dernière – a montré qu’il est devenu plus vulgaire, moins cohérent et plus catégorique dans ses jugements par rapport à sa première candidature à la présidence en 2016.

Le New York Times a compilé 6.500 discours, interviews et publications sur les réseaux sociaux du président américain et s’est appuyé sur les données d’un projet de Roll Call pour analyser le style rhétorique de Trump de 2015 à fin octobre 2026.

Tout en admettant que Trump qui est devenu en janvier 2025 la personne la plus âgée à être investie à la présidence de l’histoire du pays, a fait preuve d’une endurance physique remarquable lors de ses déplacements à travers le pays avant les élections de mi-mandat, le NYT constate que ses discours et déclarations lors de ses tournées de campagne et à la Maison Blanche révèlent de nombreuses positions déconcertantes, soulevant à nouveau des questions sur l’effet de son âge avancé et sur l’étendue de sa stabilité mentale.

Le New York Times affirme que Trump semble parfois avoir des trous de mémoire, se répète, et qu’il est devenu plus verbeux, plus vulgaire et plus enclin aux généralisations abusives que lors de sa première candidature à la présidence en 2016.

Ses longs discours paraissent souvent plus confus et décousus, avec des propos qui laissent son auditoire perplexe quant à sa pensée, voire qui donnent l’impression qu’il se contredit.

En septembre dernier, le président américain, s’exprimant dans la nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche encore en construction, a déclaré que « seul un Hispanique pourrait survivre à une chute d’une falaise ». Il a également exprimé le souhait d’interdire l’immigration norvégienne, car la Norvège n’avait pas remporté le prix Nobel de la paix en 2026. Il a ajouté qu’il se fichait éperdument de ce que l’on disait de lui, à savoir qu’il se souciait davantage des profits des compagnies pétrolières que des travailleurs américains en difficulté.

Trump a également écorché le nom du détroit d’Ormuz, le qualifiant de « Stratégie des Hormones », et a incité ses partisans à « tricher désespérément » lors des élections législatives prévues mardi. Il a aussi déclaré que ceux qui divulguent des informations militaires « devraient être abattus », sans parler de son obsession pour les remarques sexistes visant certains hommes.

Le New York Times ajoute qu’il est frappant de constater à quel point Trump lui-même semble parfois déconcerté par ses propres propos, et par l’enthousiasme avec lequel ses partisans les applaudissent malgré tout. Lors d’un récent meeting dans le Tennessee, il a exprimé son étonnement en déclarant : « Je pourrais dire les choses les plus insensées et vous m’applaudiriez en disant : “Oh, on vous aime tellement !” » Il a ensuite rapidement ajouté : « Mais nous ne disons pas des choses insensées ; nous disons des choses sensées. »

L’ancien représentant républicain de Floride, Francis Rooney, déclare : « Il profère une quantité incroyable d’absurdités, même selon ses propres critères, et tient de nombreux propos provocateurs et agressifs. Je n’ai jamais entendu un président adopter un style aussi agressif et hostile. »

Le NYT constate que le président, durant son second mandat, a utilisé des expressions de généralisation catégorique telles que « toujours », « jamais », « tout » et « absolument » lors de ses meetings de campagne 19 % de plus qu’il y a dix ans, et 5 % de plus qu’en 2024. Ceci est un signe de pensée catégorique (qu’elle soit blanche ou noire), que les experts associent souvent au vieillissement ou au déclin cognitif.

Les déclarations de Trump sont également devenues plus vulgaires qu’auparavant, puisqu’il utilise environ 15 grossièretés pour 10 000 mots, contre 14 il y a deux ans et 6 il y a dix ans, une évolution cohérente avec le déclin des capacités de contrôle lié au vieillissement.

Selon le New York Times, le vocabulaire de Trump est resté quasiment inchangé, tout comme le niveau de lecture de ses discours, qui se situait entre celui des élèves de quatrième et de cinquième année du primaire (sachant que le niveau de langage moyen des présidents américains contemporains équivaut à celui d’un élève de huitième année).

L’activité en ligne de Trump a augmenté, passant de 13 publications en 2016 à 21 messages par jour, un chiffre toutefois inférieur aux 34 messages quotidiens d’il y a deux ans. Le président américain est également connu pour son activité nocturne, publiant des messages entre minuit et 5 heures du matin.

Le journal américain note que le président Trump a tendance à employer un langage inapproprié de plus en plus fréquemment, et que son obsession pour le physique des hommes est devenue particulièrement flagrante ces derniers temps. Ses propos ont visé plusieurs sénateurs républicains, comme John Heusted (Ohio) et Tim Scott (Caroline du Sud).

Ses accès de colère publics qu’aucun autre président américain ne peut égaler, sont plus fréquentes notamment contre les journalistes qu’il attend à peine la fin de leurs questions avant de les traiter de « malades » et de leur ordonner de « se taire ».

La Maison Blanche a démenti tout déclin des performances de Trump. Son porte-parole, Davis Engel, a déclaré que le président possède « un esprit vif, une énergie hors du commun, une éthique de travail infatigable et des compétences exceptionnelles en communication », balayant ainsi les inquiétudes suscitées par ses déclarations provocatrices. Engel a ajouté : « Le président ne se soucie pas du politiquement correct ; son objectif est de rendre sa grandeur à l’Amérique. Le peuple américain admire le président pour son honnêteté, sa transparence et son efficacité. »

Source : Médias