samedi, 14/02/2026   
   Beyrouth 20:15

La Chine avertit les Etats-Unis que « comploter » sur Taïwan mènerait à la « confrontation »

Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a déclaré samedi que toute tentative américaine de « comploter » afin de séparer l’île de Taïwan de la Chine conduirait « très probablement » à une « confrontation ».

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle n’exclut pas le recours à la force pour en prendre le contrôle.

Les Etats-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin mais pas avec Taipei. Ils sont toutefois le principal pourvoyeur d’armes de l’île.

Lors d’une intervention durant la Conférence de Munich (Allemagne) sur la sécurité, Wang Yi a exhorté Washington à choisir le chemin « pragmatique » de la « coopération » et des « intérêts communs » avec Pékin.

Il a appelé en parallèle à ne pas suivre une autre voie: « Celle du découplage, de la dissociation et de la rupture des liens avec la Chine, de l’opposition à tout ce qui touche à la Chine, celle de la formation de diverses cliques et groupes visant la Chine, voire celle d’inciter et de comploter pour diviser la Chine par le biais de Taïwan, franchissant ainsi les lignes rouges de la Chine », a-t-il dit.

« Cela pourrait très probablement conduire à une confrontation entre la Chine et les Etats-Unis », a-t-il averti.

La question de Taïwan est l’un des sujets les plus sensibles pour Pékin car elle touche à l’intégrité territoriale chinoise.

« Plus cuisante encore »

Appelé également à commenter la situation en Asie-Pacifique, Wang Yi a de nouveau dénoncé samedi les propos tenus en novembre par la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur la question taïwanaise.

Elle avait laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque militaire contre Taïwan. Des propos jugés par Pékin comme une grave atteinte à sa souveraineté et qui ont très fortement tendu les relations bilatérales.

Saluant l’Allemagne pour avoir rompu avec le nazisme après la Seconde Guerre mondiale, Wang Yi a cité le Japon en contre-exemple, notant que certains criminels de guerre y étaient encore révérés et que « les fantômes du militarisme » nippon, responsable d’atrocités en Asie dans les années 1930-1940, n’avaient « pas disparu ».

« Toutes les nations éprises de paix devraient adresser un avertissement au Japon : s’il veut revenir en arrière et emprunter cette voie, il ne pourra que courir à sa perte », a-t-il souligné.

« S’il veut tenter à nouveau le sort, alors il essuiera une défaite plus rapide et plus cuisante encore ».

La question de Taïwan est d’autant plus sensible dans la relation Pékin-Tokyo que le Japon, ancienne puissance colonisatrice, avait pris le contrôle de l’île en 1895 au détriment de l’Empire chinois, avant de la rétrocéder en 1945 au gouvernement chinois de l’époque.

Source : AFP