vendredi, 13/02/2026   
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Version de Netanyahu de l’attaque du 7 octobre : la majorité des Israéliens n’y croient pas

Un sondage a révélé qu’une majorité d’Israéliens ne croient pas à la version du Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant les événements ayant conduit à l’attentat du 7 octobre 2013.

Le 5 février Netanyahu a publié un document contenant des protocoles de sécurité, en réponse au Contrôleur d’État au sujet des événements du 7 octobre.

Selon un échantillon aléatoire de 593 Israéliens, avec une marge d’erreur de 4,4 %, 47% des Israeliens ne croient pas à la version de Netanyahu tandis que 28 % y croient et 25 % se disent indécis, rapporte le quotidien israélien Maariv indiquant que le sondage avait été réalisé par l’Institut Lazar.

L’opposition a affirmé que ce document était partial et ne reflétait pas la politique du Premier ministre avant cette date.

Selon l’Organisme de la Radio-Télévision israélienne, lors de sa rencontre avec une commission parlementaire, Netanyahu a apporté les mêmes dossiers présentés au contrôleur d’Etat « contenant les transcriptions de réunions antérieures au 7 octobre et a lu des citations de (l’ancien Premier ministre Naftali) Bennett, (l’ancien chef de cabinet Gadi) Eisenkot et (l’ancien directeur du Shin Bet) Ronen Bar, entre autres, afin de prouver que personne n’avait prédit l’avenir. » Ce qui a provoqué un tollé.

« Dans un document de 55 pages, Netanyahu a refusé d’assumer sa responsabilité personnelle et a rejeté la majeure partie du blâme sur l’establishment de la défense et les gouvernements précédents », a expliqué la chaîne 12.

Le Shin Bet dans le collimateur de Netanyahu

Ce vendredi, cette dernière a rapporté que d’anciens responsables du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, ont adressé une lettre à Netanyahu, l’accusant de se dérober à ses responsabilités concernant les événements du 7 octobre 2023.

La chaîne a précisé que cinq anciens directeurs du Shin Bet et plus de 31 anciens chefs de service au sein de cette même agence ont reproché aussi à Netanyahu la campagne sans précédent de son cercle restreint contre le Shin Bet et son recours à des documents biaisés afin de se dédouaner.

Ils ont également critiqué « le directeur actuel du Shin Bet, David Zinni, pour son manque de soutien à l’agence » et l’ont exhorté à « répondre fermement pour défendre les employés de l’agence et sa réputation professionnelle, et ont même exigé qu’il s’exprime publiquement sur ce qu’ils ont qualifié de fausses allégations de trahison antérieures aux événements du 7 octobre 2023 ».

Le Shin Bet a annoncé assumer la responsabilité de ne pas avoir évalué les véritables capacités du Hamas avant Déluge d’Al-Aqsa, mais il a clairement laissé entendre que les politiques menées par Netanyahu au fil des ans avaient conduit à cette attaque.

« Il menace notre existence »

Evoquant le rapport de Netanyahu au contrôleur d’Etat, le journal israélien Calcalist l’a accusé d’avoir fabriqué sa propre version du 7 octobre, estimant qu’il a « soigneusement sélectionné un mélange de mots, de fragments et de paragraphes, qu’il a ensuite manipulés à son avantage ».

Mais le journal estime que cette tentative ratée s’est retournée contre lui, exposant les failles de son récit et révélant, plus profondément, son mal-être.

 « Son récit de son rôle dans le massacre montre qu’il n’a, et n’aura jamais, aucune limite dans aucune de ses campagnes, et que son comportement ne fera qu’empirer », déplore le quotidien ajoutant : « La conséquence interne de ses actions est la destruction de notre existence démocratique, voire même notre existence est également menacée. »

Les doutes qui planent sur Netanyahu sont d’autant plus exacerbés qu’il refuse de former une commission d’enquête officielle sur les événements du 7 octobre, de peur d’être tenu responsable de ce qui s’est passé, et il rejette systématiquement la responsabilité sur l’armée et les services de renseignement israéliens.

Selon Calcalist, Netanyahu poursuit trois objectifs : se soustraire à sa responsabilité dans cette terrible catastrophe, faire annuler son procès pénal et, condition sine qua non à ces deux objectifs, remporter les élections.

Le 7 octobre 2023, le Hamas et d’autres factions palestiniennes ont lancé l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », attaquant 11 bases militaires et 22 colonies. Leur objectif déclaré était de mettre fin au blocus israélien de Gaza, qui durait depuis 18 ans, et de contrecarrer les plans d’Israël visant à anéantir la cause palestinienne et à imposer sa souveraineté sur la mosquée Al-Aqsa.

Le lendemain, Israël a entamé une guerre génocidaire de deux ans à Gaza, qui a fait plus de 72 000 martyrs et plus de 171 000 blessés parmi les Palestiniens. Cette guerre a également provoqué des destructions massives, affectant 90 % des infrastructures de Gaza, et dont le coût de reconstruction est estimé à environ 70 milliards de dollars.

Source : Divers