L’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS) israélien a fait état, dans un rapport rédigé par la chercheuse Carmit Valensi, de l’enregistrement d’une vague de protestations inhabituelle vendredi contre l’activité militaire israélienne dans une série de localités à travers toute la Syrie, de Deraa et Qouneitra jusqu’à Damas, Homs, Idleb et Hassaké.
Outre le discours anti-israélien, deux indicateurs principaux se dégagent selon le rapport : « l’extension de la contestation au-delà des zones de friction directe avec l’armée israélienne, et l’accent mis sur l’unité nationale et la souveraineté syrienne ».
Il a souligné qu’« environ deux ans se sont écoulés depuis l’entrée de l’armée israélienne dans le sud de la Syrie dans la foulée de la chute du régime précédent, sans qu’aient été enregistrés de frictions violentes continues ou de rassemblements populaires de l’ampleur et du déploiement géographique qui se dessinent actuellement ».
« Frustration et hostilité croissantes envers Israël »
Dans ce contexte, le rapport a pointé des « inquiétudes sécuritaires israéliennes », alors que « le nouveau régime à Damas peine à consolider un contrôle total, tandis que les éléments hostiles, y compris l’Iran et ses alliés, continuent de chercher des opportunités pour s’implanter sur le terrain », selon ses termes.
Cependant, la présence militaire israélienne, et plus particulièrement l’accroissement de l’activité terrestre, a un coût cumulé « qui se traduit par des raids, des arrestations, la perturbation du quotidien et des moyens de subsistance, et plus récemment aussi par des tirs mortels », ce qui « accentue la frustration et l’hostilité envers Israël ».
« Le dernier événement en date, au cours duquel Muaath Salama Al-Bair, un jeune homme atteint du syndrome de Down originaire du village de Jamla, a été tué, illustre la sensibilité de la situation », d’après le rapport.
« Israël pourrait créer de ses propres mains la menace qu’il cherche à prévenir »
Il a ajouté que « le risque stratégique est qu’Israël crée de ses propres mains la menace qu’il cherche à prévenir », car « la friction locale continue pourrait se transformer en un foyer potentiel de résistance nationale élargie, accentuer la pression populaire sur le régime d’Al-Sharaa pour qu’il adopte une posture plus hostile, et offrir à d’autres éléments l’occasion de mobiliser du soutien au nom de la résistance à Israël ».
Le rapport a estimé que « l’usage de la force militaire, aussi vital soit-il dans certains cas, ne saurait remplacer une politique à long terme », de sorte qu’« Israël doit faire preuve d’une plus grande clarté quant à ses objectifs dans le sud de la Syrie, faire la distinction entre les menaces sécuritaires réelles et la population civile, et réduire au maximum les atteintes au cours normal de leur vie ».
Et par-dessus tout, « il doit maintenir et renforcer des canaux de dialogue et de négociations sérieuses avec la nouvelle autorité à Damas, que cela nous plaise ou non ».
Il a conclu qu’« un règlement sécuritaire, même limité et progressif, assorti de mécanismes de contrôle, de conditions, de garanties américaines et de la liberté d’action face aux menaces réelles, servirait mieux l’intérêt israélien qu’un recours illimité à la force militaire ».
Source : Médias
