jeudi, 22/10/2026   
   Beyrouth 16:34

Le prix Sakharov de l’Union européenne décerné à la CPI

Le prix Sakharov, plus haute distinction accordée par l’Union européenne aux actions en faveur des droits de l’homme, a été décerné à la Cour pénale internationale (CPI).

Le prix Sakharov intervient à un moment où la cour est confrontée « à des défis sans précédent », a déclaré sa présidente, la juge Tomoko Akane, deux semaines après l’annonce de nouvelles sanctions américaines visant l’institution.

« La Cour pénale internationale remercie le Parlement européen de lui avoir décerné, ainsi qu’à ses fonctionnaires, le Prix Sakharov pour la liberté de pensée de cette année », a déclaré Mme Akane dans un communiqué.

« Cette distinction intervient à un moment où la Cour et ses fonctionnaires sont confrontés à des défis sans précédent, notamment des sanctions visant à entraver le mandat judiciaire de la Cour, » a-t-elle poursuivi.

Le 9 octobre, l’administration de Donald Trump a annoncé des sanctions contre la CPI, après avoir vivement critiqué son mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ainsi que son enquête sur les agissements des forces américaines en Afghanistan.

Ces sanctions récentes pourraient affecter directement le paiement des 900 employés de la cour et les déplacements liés aux enquêtes. Elles impacteraient aussi surtout son autonomie technologique, puisqu’elle dépend fortement de Microsoft.

« Dans ce contexte, le Prix Sakharov revêt une importance particulière, réaffirmant le rôle essentiel des institutions judiciaires indépendantes et de ceux qui œuvrent à la défense du droit international », a fait remarquer Mme Akane.

La CPI, qui siège à La Haye (Pays-Bas), a été créée en 2002 pour juger les individus accusés des crimes les plus graves : crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

« Dans un monde marqué par la multiplication des conflits, il n’y a pas de paix sans justice ni de sécurité sans droit », a conclu la présidente.

« C’est un message d’espoir et de résistance adressé à Donald Trump. Nous n’abandonnerons pas l’État de droit et la justice internationale. Nous resterons aux côtés de la CPI aussi longtemps qu’il le faudra », a déclaré l’eurodéputée française Chloé Ridel, qui a présenté la candidature de la Cour.

La semaine dernière, des eurodéputés de différents horizons politiques ont appelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à protéger la CPI, basée aux Pays-Bas, contre les sanctions américaines.

Ils ont réclamé l’utilisation de « tous les instruments dont nous disposons », en particulier le règlement de blocage de l’Union européenne, qui protège les entreprises et les particuliers européens des effets de certaines sanctions étrangères.

Source : Médias