jeudi, 22/10/2026   
   Beyrouth 10:27

La Turquie s’installe en Syrie : une tutelle sans plafond… et sans conditions

Par Amer Ali

Dans une déclaration explicite sur le sort de la présence militaire turque en Syrie, le ministre de la Défense, Yaşar Güler, a affirmé que les forces de son pays y resteraient jusqu’à l’élimination totale de la « menace terroriste » et la sécurisation des frontières.

Ces propos, qui ont coïncidé avec l’annonce d’une visite prochaine de Recep Tayyip Erdogan à Damas, interviennent sur fond d’intensification de la rivalité d’influence turco-israélienne. Tel-Aviv rejette en effet toute expansion d’Ankara vers le sud et a ciblé des sites militaires destinés, selon la Turquie, à former les forces de la nouvelle armée syrienne.

Sur le terrain, malgré le discours réaffirmant son attachement à l’unité de la Syrie, les réalités témoignent de la poursuite des opérations de « turquification » dans le Nord, à l’image d’Azaz où la dépendance monétaire, administrative et infrastructurelle envers Ankara reste totale.

Bien que les institutions du gouvernement central soient revenues après la chute de l’ancien régime, ni Damas ni Ankara n’ont annoncé de plan pour réintégrer économiquement ces zones. Ankara semble ainsi réorganiser son réseau d’influence sous la bannière de sa nouvelle relation avec les autorités de transition dirigées par Ahmed al-Charaa.

Cette pérennisation soulève de nombreuses interrogations, d’autant que l’argument sécuritaire s’effrite après l’accord conclu entre al-Charaa et les FDS, ainsi que le retrait terrestre américain achevé en avril dernier.

Pourtant, la présence turque s’oriente vers un déploiement à long terme avec le consentement des nouvelles autorités syriennes, qui n’ont exigé aucun calendrier de retrait. La visite d’Erdogan à Damas pourrait ainsi sceller un accord de sécurité ou de défense, offrant à cette présence une nouvelle couverture légale sans échéance temporelle ni véritable contrôle syrien.

Source : Médias