mardi, 13/10/2026   
   Beyrouth 15:17

Le CPJ appelle à faire pression sur Israël trois ans après une attaque meurtrière contre des journalistes

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté mardi la communauté internationale à faire pression sur Israël pour identifier et punir les militaires responsables d’une attaque meurtrière contre des journalistes il y a trois ans au Liban.

Le 13 octobre 2023, une double frappe contre un groupe de journalistes se trouvant dans le sud du Liban a tué un vidéaste de l’agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six reporters, dont deux de l’Agence France-Presse (AFP), Dylan Collins et Christina Assi.

Une enquête indépendante menée par l’AFP a conclu qu’il s’agissait de deux tirs d’obus de char israéliens de 120 mm provenant de la zone de Jordeikh dans le nord d’Israël, frontalière du sud du Liban.

Ces conclusions ont été corroborées par d’autres investigations internationales, notamment de Reuters, du CPJ, de Human Rights Watch, d’Amnesty International et de Reporters sans frontières.

« Face à l’échec patent d’Israël à rendre des comptes, nous appelons la communauté internationale à faire pression sur les responsables israéliens afin qu’ils mènent une enquête identifiant les unités et les individus responsables de ces attaques délibérées contre des journalistes », a déclaré Sara Qudah, directrice régionale du CPJ pour le Moyen-Orient, selon l’AFP.

Ne pas punir les responsables contribuerait à maintenir une forme d' »impunité », ce qui « met en danger d’autres journalistes », a-t-elle poursuivi dans un communiqué, appelant l’Union européenne (UE) à envisager des sanctions.

La suspension de l’accord d’association UE-Israël, qui encadre les relations économiques et politiques, « est l’une des rares options restantes qui pourraient exercer une pression significative pour briser ce cercle d’impunité », a déclaré Sara Qudah.

Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a affirmé que l’attaque contre les journalistes faisait l’objet d’un « examen approfondi », sans toutefois donner de précisions sur la durée de cette procédure, trois ans après les faits.

L’assassinat d’Abdullah a été suivi par d’autres assassinats de journalistes, notamment Farah Omar, Rabih Maamari et Hussein Aqil, tombés en martyrs le 21 novembre 2023, puis Ghassan Najjar, Mohammad Reda et Wissam Qassem après que la résidence des journalistes à Hasbaya ait été prise pour cible.

L’armée d’occupation a poursuivi ses attaques contre les journalistes jusqu’au martyre de la correspondante de terrain de la chaine al-Mayadeen Fatima Fatouni , du correspondant de la chaîne Al-Manar TV Ali Chouaib et du photographe Mohammad Fatouni, tués lors d’une attaque perfide qui les a ciblés dans la région de Jezzine, au sud du pays.

De même, Amal Khalil, journaliste au quotidien Al-Akhbar, a été tuée lors d’une attaque israélienne qui l’a visée dans la localité d’Al-Tiri, dans le sud du pays, en avril dernier.

Source : Divers