mercredi, 07/10/2026   
   Beyrouth 14:08

Des responsables du secteur pétrolier : Les réserves mondiales de pétrole sont sur le point de s’épuiser

Des dirigeants du secteur pétrolier ont déclaré, lors d’un forum réuni à Londres cette semaine, que les volumes de pétrole stockés et disponibles pour le marché mondial sont en constante diminution, ce qui rend le marché plus vulnérable aux pénuries d’approvisionnement et exerce une pression à la hausse sur les prix.

Les gouvernements et les compagnies énergétiques ont puisé dans leurs stocks pour soulager la pression sur le marché mondial du brut, confronté cette année à des perturbations sans précédent de l’approvisionnement en raison des deux guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.

Le PDG de la compagnie pétrolière nationale Saudi Aramco, Amin Nasser, a déclaré lors du forum Energy Intelligence à Londres qu’« il ne reste aujourd’hui que moins de six milliards de barils dans les stocks commerciaux, dont la vaste majorité est pratiquement indisponible, de sorte que le système subit déjà de fortes pressions ».

Amin Nasser a fait état du précompte de plus d’un milliard de barils de pétrole, principalement issus des stocks commerciaux terrestres, depuis le déclenchement de la crise au Moyen-Orient cette année. Les stocks constituaient le dernier levier majeur disponible.

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’organisme occidental chargé de surveiller le marché pétrolier et de coordonner ses réserves stratégiques, s’apprête à libérer 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole afin de contribuer à contenir la hausse des prix du gazole. Il n’a toutefois pas été précisé si une partie de ce total inclurait des volumes issus du premier déstockage record de 400 millions de barils réalisé en mars, lesquels ne sont pas encore arrivés sur le marché.

Evoquant la décision de l’AIE, Amin Nasser a souligné qu’il avait fallu de longues négociations, « mais le chiffre s’élève à 100 millions de barils ». Il a ajouté que « les stocks atteignent un niveau critique. Seuls 10 % ou moins sont disponibles, et c’est la raison pour laquelle ils éprouvent des difficultés à fournir ces 100 millions de barils ».

Selon les données de l’AIE, la demande mondiale de pétrole s’établit à près de 102 millions de barils par jour.

Des stocks de sécurité « effrayamment » faibles

Par ailleurs, le PDG de Chevron, Mike Wirth, a indiqué que la perte des réserves de sécurité sur le marché pétrolier le rendait plus fragile, ajoutant que cela avait relevé le prix plancher du baril.

Des dirigeants présents à la conférence ont déclaré lundi que les perturbations du marché pétrolier se poursuivraient au-delà de l’année prochaine, dans la mesure où il pourrait falloir des années pour reconstituer les stocks tout en répondant à la demande mondiale.

La totalité du pétrole stocké n’est pas immédiatement exploitable en raison de contraintes opérationnelles, telles que les fonds de cuves ou le pétrole stagneur dans les pipelines, ainsi que de facteurs politiques comme les réglementations gouvernementales fixant des seuils minimaux de stocks d’urgence.

Amin Nasser a précisé qu’il existait une demande colossale pour constituer des stocks supplémentaires à travers le monde. Le PDG de la Kuwait Petroleum Corporation (KPC), le cheikh Nawaf Al-Sabah, a indiqué que son groupe visait à augmenter ses capacités de stockage localement et dans ses raffineries à l’étranger.

De son côté, le PDG de Vitol, société spécialisée dans le courtage de matières premières, Russell Hardy, a affirmé que « le monde dépend des exportations pétrolières maritimes en provenance du Moyen-Orient pour maintenir l’équilibre durant la saison hivernale, car il n’y a plus aucun stock supplémentaire exploitable en Occident ».

Les données du ministère américain de l’Énergie indiquent que les réserves de pétrole brut au sein de la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis ont atteint leur niveau le plus bas depuis octobre 1982.

Les stocks de gaz naturel souffrent également d’un déficit aigu, rendant les prix très vulnérables à de fortes flambées.

Tengku Muhammad Taufik, PDG de la compagnie malaisienne Petronas, a prévenu que l’arrivée d’un hiver rigoureux pourrait provoquer un « carnage » sur le marché du gaz au premier trimestre 2027 si les stocks venaient à atteindre leurs plus bas niveaux.

Source : Médias