mardi, 06/10/2026   
   Beyrouth 01:25

Raids et tirs d’artillerie frappent le Tigré après la prise de Mekele par les forces éthiopiennes

La région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, a été le théâtre de raids et d’intenses tirs d’artillerie entre la nuit de dimanche et ce lundi matin. Ces événements surviennent deux jours après la prise de contrôle de Mekele, la capitale régionale, par les forces fédérales, marquant une nouvelle escalade des affrontements qui durent depuis près de deux semaines.

Selon un bulletin circulant parmi les organisations humanitaires et relayé par Reuters, les raids ont fait au moins 17 morts au nord-ouest de Mekele, tandis que les forces gouvernementales et les éléments loyaux au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) échangeaient des tirs d’artillerie dans plusieurs zones.

D’après ce bulletin humanitaire, des raids ont tué neuf personnes à Adoua, située à environ 100 kilomètres au nord-ouest de Mekele, et huit autres à Shiraro, dans le nord-ouest du Tigré. Les sources n’ont pas précisé quelle partie avait mené ces frappes aériennes. Par ailleurs, lundi matin, les forces éthiopiennes et celles du Tigré ont échangé d’intenses tirs d’artillerie près de la rivière Tekeze, aux abords de la localité de May Tsebri.

Les forces fédérales éthiopiennes étaient entrées dans Mekele au cours du week-end, après le retrait des forces du Tigré qui n’ont opposé que peu de résistance à l’intérieur de la ville. La vie quotidienne a commencé à reprendre progressivement son cours, avec la réouverture des commerces et le rétablissement des communications téléphoniques et d’Internet après une interruption d’environ une semaine. Les combats déclenchés le 23 septembre constituent l’escalade la plus grave au Tigré depuis la guerre de 2020-2022, qui a fait des centaines de milliers de morts. Durant ce conflit, les forces fédérales avaient pris le contrôle de Mekele en un mois, avant que le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ne la reprenne environ sept mois plus tard.

Tous les regards sont désormais tournés vers la progression des forces éthiopiennes vers le nord, en direction de la frontière avec l’Érythrée, sur fond de craintes d’une extension du conflit à l’échelle régionale. Addis-Abeba accuse l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir l’opposition armée, des allégations démenties par ces trois pays. Par ailleurs, l’Éthiopie et l’Érythrée ont rompu leurs relations diplomatiques la semaine dernière, sur fond d’escalade et d’accusations mutuelles.

Les forces érythréennes avaient combattu aux côtés du gouvernement éthiopien lors de la précédente guerre au Tigré, avant que les relations entre les deux pays ne se détériorent par la suite, notamment en raison de la volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès à la mer Rouge et des craintes de l’Érythrée face à toute initiative visant le port d’Assab. Le Premier ministre Abiy Ahmed affirme pour sa part que son pays cherche à accéder à la mer par des moyens pacifiques.

Source : Médias