lundi, 05/10/2026   
   Beyrouth 17:19

Cisjordanie : plus de 500 anciens responsables européens appellent l’UE à agir contre le projet E1

Plus de 500 anciens ministres, diplomates et hauts responsables européens ont appelé lundi l’Union européenne (UE) à prendre des mesures contre le projet israélien de colonisation E1 en Cisjordanie occupée, dans un texte publié sur le site de leur collectif.

Ils demandent à la Commission européenne de présenter sans délai des propositions législatives pour sanctionner les institutions financières et les prestataires de services participant à la réalisation du projet E1 et d’autres colonies, ainsi que pour interdire tout commerce entre l’UE et les colonies illégales.

Les signataires réclament également la mise en œuvre des propositions visant à suspendre les dispositions commerciales de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Ils souhaitent que des décisions soient prises lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères prévue le 12 octobre.

Parmi eux figurent les anciens Premiers ministres français Alain Juppé et Dominique de Villepin, l’Italien Massimo D’Alema, le Belge Yves Leterme et le Suédois Stefan Löfven, ainsi que les anciens présidents du Parlement européen Josep Borrell et Enrique Barón Crespo.

Dans leur appel daté du 5 octobre, les anciens responsables avertissent que le gouvernement israélien prévoit d’attribuer dans les prochaines semaines les contrats pour la première tranche du projet E1. Ils estiment que sa réalisation couperait la Cisjordanie en deux et rendrait impossible une solution à deux États.

Ils reprochent à l’Union européenne de n’avoir pris aucune mesure pour dissuader la réalisation de ce projet et de ne pas avoir respecté ses obligations découlant des traités européens et du droit international.

Tout en saluant les mesures nationales prises par certains États membres contre les colonies, ils accusent d’autres pays, notamment l’Allemagne et l’Italie, de bloquer systématiquement les initiatives européennes.

Le collectif avait déjà demandé, dans un appel publié le 6 mai, des sanctions contre les acteurs contribuant au projet E1.

Les signataires dénoncent également la persistance des violences et de la crise humanitaire à Gaza, ainsi que les attaques de colons, les saisies de terres et les déplacements de Palestiniens en Cisjordanie. Ils appellent les États membres à utiliser les moyens dont ils disposent pour faire respecter les décisions de la Cour internationale de justice.

Le projet E1 prévoit notamment une première tranche de plus de 1 200 logements près de Jérusalem. Il isolerait davantage Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. La justice israélienne a ordonné le 27 septembre le report d’un mois de l’ouverture de l’appel d’offres, afin que le dossier ne perturbe pas les élections législatives prévues fin octobre.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. L’Union européenne considère les colonies israéliennes dans ce territoire, y compris dans la zone E1, comme illégales au regard du droit international.

Source : Anadolu