samedi, 03/10/2026   
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Blocage des lycées en France : plus de 1.700 interpellations vendredi, appel à poursuivre la mobilisation

La France a connu vendredi une nouvelle journée de blocage des lycées, marquée par des tensions et plus de 1.700 interpellations, les organisateurs appelant à la poursuite de la mobilisation mardi faute de « mesures concrètes ».

Débuté le 17 septembre dans la région parisienne, le mouvement de protestation lycéen s’est progressivement étendu à tout le territoire et s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France.

Pour la seule journée de vendredi, il y a eu 1.747 interpellations, plus de 5.000 depuis lundi, en lien avec les blocages de lycées, a indiqué en soirée le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

« Il y a eu 735 établissements concernés par la mobilisation, c’est 30% de moins et nous avons eu des violences urbaines à proximité de 158 établissements : jets de projectiles, prises à partie des forces de l’ordre, des enseignants, de journalistes, de passants… », selon lui.

 « Acte III mardi »

Dans le même temps, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé, après avoir rencontré les organisateurs du mouvement, le lancement prochain d’un « plan d’action » pour « accélérer le remplacement » des professeurs notamment dans les classes de première et terminale.

Il prévoit aussi, concernant les rythmes scolaires, d’engager « un travail de fond », tout en reconnaissant qu’il ne serait « pas en mesure de prendre une décision pour la rentrée 2027 », qui aura lieu après la présidentielle.

L’Union syndicale lycéenne (USL) a réagi en appelant « à continuer la mobilisation (…) et à rejoindre le mouvement de l’acte III mardi », journée de grande manifestation nationale, selon Ryad Rani, le président de ce syndicat étudiant.

Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à y participer, « y compris par la grève ».

La journée de vendredi a de nouveau été marquée par des violences.

« Enseignant aspergé d’essence »

A La Ciotat (sud-est), « un enseignant a été aspergé d’essence volontairement, puis agressé physiquement par deux individus », selon les autorités.

Des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Strasbourg (est) où les forces de l’ordre sont intervenues sur un campus à la demande de la présidente de l’université, et à Paris.

A Belfort (est), un policier a été violemment frappé par des « émeutiers », selon le ministre de l’Intérieur.

James, élève de seconde à Lille (nord), a déploré « la répression policière extrêmement violente qui forcément attise la colère des lycéens ».

« Parce que quand on voit des camarades à nous qui se font frapper, étrangler, éborgner, gazer dans tous les sens, alors qu’on essaie juste de pouvoir avoir un dialogue avec le gouvernement, forcément, ça met en colère. »

« Usage disproportionné de la force »

« Amnesty International dénonce l’usage disproportionné de la force contre les manifestations lycéennes et demande la suspension de l’usage des LBD (lanceur de balles de défense, NDLR) », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

L’usage par les forces de l’ordre des LBD, destinés à neutraliser ou tenir à distance un individu sans recourir aux armes à feu, est controversé en raison des blessures graves qu’ils peuvent infliger.

Un lycéen de 16 ans, blessé mercredi 30 septembre lors d’un blocus à Tours, a perdu l’usage de son œil droit, a confirmé vendredi la procureure de la République de la ville. Les lésions sont « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD », selon les examens médico-légaux.

À Argenteuil (Val-d’Oise), un autre mineur de 16 ans a été blessé à l’œil jeudi 1er octobre en marge d’un rassemblement. Il dénonce un tir policier de LBD. Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’IGPN.

Dans le même département, à Saint-Ouen-l’Aumône, un adolescent de 14 ans a subi une double fracture de la mâchoire et de nombreuses dents cassées après avoir reçu, selon sa famille et son avocate, un tir policier de LBD à très courte distance. L’IGPN enquête également sur ces faits.

Le ministère de l’Éducation nationale a fait état de 170 élèves blessés depuis le début du mouvement.

« Le but, c’est de faire des mouvements pacifiques pour se faire entendre et ces casseurs nous desservent complètement en brûlant nos lycées », regrette Maëlle, élève d’un lycée de Bordeaux (sud-ouest), endommagé par un incendie.

Près de 400 lycées (sur les 3.700 dans le pays) sont restés fermés vendredi. Le lycée Mandela de Nantes, dont le hall d’entrée a été détruit la veille par un incendie, gardera portes closes jusqu’aux vacances de la Toussaint, mi-octobre.

Les dégradations dans les lycées vont coûter plusieurs millions d’euros, selon des estimations de plusieurs régions.

Source : Avec AFP