samedi, 03/10/2026   
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La Résistance en Irak considère le retrait américain incomplet : Nous gardons nos armes

L’annonce du retrait des forces américaines d’Irak n’a pas mis fin à la polémique concernant les armes des factions de la Résistance.

Avec la fin de la mission de la « Coalition internationale (dirigée par les USA)» et l’attachement du gouvernement à une feuille de route s’achevant le 30 juin 2027 pour « réserver le monopole des armes à l’État », les principales factions armées de la Résistance — au premier rang desquelles les Brigades du Hezbollah (Kataëb Hezbollah) et le mouvement Al-Nujaba — refusent de considérer le retrait américain comme suffisant pour modifier leur position, posant des conditions liées à la persistance de l’influence américaine dans le pays et aux menaces israéliennes et régionales.

Le Premier ministre, Ali Al-Zeidi, a annoncé un accord avec Washington visant à opérer 40 vols quotidiens pour les compagnies aériennes iraniennes, à l’exception de Mahan.

Le chef du gouvernement, Ali Al-Zeidi, a déclaré que le 1er octobre représente un « début sérieux » pour traiter la question des armes échappant au contrôle de l’État, selon un calendrier ne dépassant pas juin 2027, affirmant que « la décision de la guerre et de la paix relève de la compétence des autorités constitutionnelles ».

Il a également lié ce processus à la construction d’un système de défense aérienne national et à l’interdiction d’utiliser le territoire et l’espace aérien irakiens dans des actes menaçant les pays voisins.

Cependant, ce calendrier ne semble pas recueillir l’approbation des factions les plus attachées à leurs armes. Un responsable de la direction du mouvement Al-Nujaba a en effet déclaré au journal Al-Akhbar que les réunions de la commission quadripartite formée par le « Cadre de coordination » avec les factions n’ont pas abouti à une solution finale, et que le document soumis par la commission au gouvernement ne comportait pas de texte explicite stipulant le désarmement du mouvement.

L’interlocuteur a ajouté que les factions posent des conditions « servant l’intérêt de la patrie, sa sécurité et sa protection contre les agressions extérieures », estimant que « le départ des forces américaines ne marque pas la fin du dossier, en raison de la persistance de l’influence américaine dans d’autres domaines, notamment les fonds irakiens et la décision économique et politique ».

Selon lui, « la prolongation du délai ne sera pas suffisante tant que le gouvernement ne répondra pas aux revendications formulées par les factions ».

Le responsable souligne que « le fait que d’autres groupes remettent leurs armes les regarde. Quant à Al-Nujaba, elle ne déviera pas du projet de la Résistance », considérant que « l’exigence de désarmement est liée à la pression américaine et à des dossiers régionaux plus larges ».

Cette position a coïncidé avec un communiqué du mouvement publié à la suite du retrait, rejetant le maintien de toute présence américaine en Irak sous les appellations de conseillers ou de sociétés de sécurité, et exigeant la fin de l’hégémonie américaine sur l’économie, la politique et l’espace aérien irakiens.

Dans la même perspective, les Brigades du Hezbollah ont réagi par la voix de leur secrétaire général, Abou Hussein Al-Hamidawi, qui a déclaré dans un communiqué que « les négociations avec le gouvernement n’ont pas abouti à un résultat définitif », appelant à un nouvel accord et estimant que « la présence de la Résistance aux côtés des appareils gouvernementaux peut se poursuivre ».

Ce même mouvement a également annoncé la suspension de ses opérations militaires — à l’exception du ciblage de « l’aviation ennemie » — jusqu’à l’achèvement des défenses aériennes gouvernementales.

Ces positions révèlent que le cœur du différend ne réside pas seulement dans la détention d’armes, mais dans la définition de leur fonction après la fin de la présence militaire américaine.

Les factions qui refusent de rendre les armes lient la conservation de leurs capacités militaires à l’éventualité d’une reprise de la confrontation avec les États-Unis ou ‘Israël’, affirmant que l’environnement régional ne s’est pas stabilisé au point de permettre l’abandon des équipements de dissuasion.

En contrepartie, le gouvernement souhaite transformer la fin de la mission de la Coalition US en un point de départ pour centraliser la décision sécuritaire et militaire au sein des institutions de l’État.

Dans ce contexte, le chercheur en questions de sécurité, Abdel Sattar Al-Issaoui, a indiqué à Al-Akhbar que « les factions qui ont annoncé la remise de leurs armes ne représentent pas le poids le plus lourd sur la scène, et que le véritable test reste avec les factions les plus influentes qui ont refusé de les rendre ».

Il estime que le gouvernement, qui a ouvert des canaux de dialogue par le biais de dirigeants du Cadre de coordination, parie sur l’intégration des groupes réfractaires dans le processus de « restitution », tout en ne s’attendant pas à ce que les Brigades du Hezbollah et Al-Nujaba basculent rapidement vers cette acceptation, notamment en raison du lien organique entre leurs armes et des antécédents politiques et idéologiques, ainsi qu’une lecture sécuritaire propre de la région.

De son côté, le député Faleh Al-Khazaali a déclaré à Al-Akhbar que la régulation des armes et leur gestion constituent « la revendication de tout le monde », tout en rejetant qu’elles s’effectuent selon la vision américaine.

Il estime qu’il y a une tentative d’exclure les factions et de les diaboliser, appelant à ne pas transformer le différend en un affrontement interne. Il signale que les dialogues menés par le gouvernement ont produit des résultats, estimant que le dossier des Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) et des droits de ses membres doit faire partie du règlement politique.

Par Faqqar Fadel

Source : Médias