dimanche, 27/09/2026   
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Sanaa démonte les campagnes d’intimidation : Le détroit de Bab el-Mandeb est ouvert à tous…sauf à l’Arabie saoudite

Par Rachid al-Haddad

Malgré les craintes régionales et internationales quant aux répercussions du contrôle du mouvement de la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb par le mouvement Ansarullah, le trafic des navires empruntant ce passage international a augmenté de 33 % au cours des deux dernières semaines.

Selon les statistiques de transit quotidiennes publiées par le ministère des Transports à Sanaa, ce trafic s’améliore de jour en jour. Le niveau de flux des cargaisons commerciales en provenance du golfe d’Aden et se dirigeant vers le nord de la mer Rouge et le canal de Suez, ou en provenance du sud de la mer Rouge vers la mer d’Oman, connaît également une amélioration remarquable.

Les mêmes données indiquent que le taux de transit des navires est passé de 27 par jour avant que le mouvement Ansarullah ne reprenne le contrôle du détroit le 11 septembre courant, à plus de 40 navires et pétroliers quotidiens après cette date.

Le nombre de tankers l’ayant traversé a également dépassé les 500, dont 408 durant la période du 14 au 21 septembre courant.

Dans la même veine, une source économique à Sanaa a affirmé au journal libanais Al-Akhbar que le trafic maritime dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb est stable, précisant qu’il représente 70 % de son niveau normal d’avant la crise du détroit d’Ormuz et avant l’imposition par Ansarullah du blocus maritime contre l’Arabie saoudite, le 20 juillet dernier.

La source prévoit que le nombre de navires et de tankers empruntant le passage dépasse les 50 par jour en cas de parution d’un accord concernant Ormuz, et atteigne 100 % si Riyad répond aux exigences de Sanaa et que les navires saoudiens reprennent la traversée de Bab el-Mandeb.

Par ailleurs, Ansarullah a renforcé sa présence militaire et sécuritaire à proximité des routes de navigation internationales en mer Rouge et à Bab el-Mandeb.

Le mouvement a également déployé des patrouilles maritimes aux abords des îles de Zugar, de Grand et Petit Hanish, et de Mayoun, affirmant sa présence dans les eaux territoriales du sud de la mer et sur les côtes du district de Dhubab, tout en s’employant à ouvrir des canaux de communication avec les marines djiboutienne et érythréenne.

De même, des sources maritimes de la côte occidentale ont indiqué à Al-Akhbar que les forces navales de Sanaa intensifient — par le biais de la radio — la diffusion de messages rassurants aux capitaines des navires, tout en insistant sur la nécessité de maintenir ouverts les systèmes d’identification automatique (AIS) des tankers.

Dans le même cadre, le gouvernement de Sanaa, par l’entremise du ministère des Affaires étrangères et du « Centre des opérations de coordination des affaires humanitaires », a poursuivi l’envoi de messages rassurants supplémentaires aux États et aux compagnies maritimes internationales, réitérant son engagement en faveur de la liberté de navigation internationale en mer Rouge.

Il a également répondu à une déclaration internationale signée par 80 pays, présentée par l’Arabie saoudite et Bahreïn, l’appelant à retirer ses forces du détroit de Bab el-Mandeb et mettant en garde contre les répercussions de son contrôle sur le détroit.

Cette déclaration avait également été signée par les USA, ‘Israël’, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, et préparée en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

En réponse, Mohammed al-Farah, membre du bureau politique du mouvement Ansarullah, a affirmé que l’exercice par le Yémen de sa souveraineté sur ses terres, ses côtes et ses eaux territoriales ne constitue pas une menace pour le commerce mondial.

Il a ajouté que « le détroit de Bab el-Mandeb fait partie de la souveraineté nationale » et qu’« aucune partie n’a le droit de s’immiscer dans les affaires yéménites, tant que Sanaa reste attachée à la liberté de navigation ».

Source : Médias