Deux ans se sont écoulés depuis le martyre de Sayed Hassan, et les gens ne se remettront pas du choc facilement. Mais la question ne se limite pas à la lassitude du sentiment de perte ; les gens de la Résistance sont habitués à la perte, et ils ont dans leurs esprits et leurs cœurs des récits qui font de la perte une grâce et non une calamité – une capacité que les croyants peuvent être enviés de posséder.
Cependant, l’idée primordiale, et que l’ennemi sait pertinemment être d’actualité aujourd’hui, est celle de la vengeance et du thar.
Si l’objectif de la guerre ouverte sur tous les fronts est d’empêcher l’autre partie de respirer et de prendre un répit pour réfléchir à ce qui l’attend, ‘Israël’ est pleinement conscient que la guerre n’est pas finie et ne finira pas.
Les leçons d’après le Déluge d’Al-Aqsa nous enseignent simplement que nous sommes face à un ennemi avec qui il est impossible de cohabiter, et que la conviction de ses dirigeants et de sa base selon laquelle il ne peut rester ici — ni en tant qu’entité, ni en tant d’institutions, ni même au niveau de son public — est bien fondée.
Ce qui importe le plus et que nous devons comprendre, c’est que l’idée de la vengeance n’est pas une opération punitive à la manière des tribus.
C’est plutôt une mission intégrée, portée par la pleine conviction de sa justesse et par la persistance à l’accomplir avec les meilleurs résultats, mais elle requiert une ruse qui surpasse celle des fils de Sion. Plus important encore, elle exige une persévérance qui trouvera sa voie avec une nouvelle génération, à savoir « la génération du Déluge ».
Et nous découvrirons, avant, après ou en même temps que l’ennemi lui-même, que le châtiment juste de cet État — gouvernement, peuple et institutions — n’est pas une opération ordinaire, mais l’événement le plus retentissant, qui poussera l’histoire à se souvenir de lui comme de la voie de la justice la plus manifeste…
Il est devenu clair que le combat contre l’ennemi prend de multiples formes, mais ce dont la Résistance a besoin au Liban et en Palestine est une action d’un genre différent, qui immole les agissements les plus perfides et les plus douloureux de l’ennemi, et qui approfondit la connaissance de tout ce qui s’y rapporte au sein de sa société dans tous ses compartiments.
Comment parvenir à déambuler dans les pièces de sa maison de papier et à pénétrer son esprit — non pas pour décoder le dogme qui le rend soudé et fort, car cet effort serait vain —, mais pour arriver là où il est parvenu lorsqu’il a pénétré notre esprit, au point de ne pas seulement identifier ce que nous disons, mais de devenir un partenaire dans notre ordre du jour, nos mécanismes de travail, et même dans le choix de nos outils.
D’ici là, nous aurons un récit similaire, épais comme le livre de l’histoire tout entier et non de la taille d’une simple feuille, d’où émaneront des actions qui relèvent du droit de quiconque réclame la justice sur terre.
Ce jour-là seulement, nous pourrons nous tenir devant le sanctuaire de Sayed Hassan, non pas pour réciter la Fatiha et verser des larmes, mais en guise de véritable hommage à la mémoire de celui qui demeure le témoin du bien-fondé de la Résistance et de sa capacité à remporter la victoire !
Par Ibrahim Al-Amine: rédacteur en chef du quotidien al-Akhbar
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
