mardi, 22/09/2026   
   Beyrouth 15:11

The Guardian : crise entre la direction du Parti démocrate et sa base sur « la voix palestinienne »  

Lors des primaires, les électeurs démocrates ont clairement sanctionné les choix de l'establishment traditionnel

Un article publié lundi par le quotidien britannique The Guardian a mis en lumière l’ampleur de la crise interne au sein du Parti démocrate américain entre sa direction et sa base électorale sur la question palestinienne.

Le refus de la direction du parti de donner aux Palestiniens une tribune pour exprimer leur position et influencer la politique de Washington concernant la guerre à Gaza a engendré un « moment de vérité politique » a écrit le journal, selon lequel des répercussions ont affecté négativement la relations du parti avec sa base électorale.

Selon le Guardian, cette marginalisation était clairement visible lors de la Convention nationale démocrate (DNC), où les responsables démocrates ont donné la parole aux républicains et aux conservateurs anti-avortement, tout en refusant d’accorder la moindre tribune à la représentante Ruwa Romman, la première femme musulmane élue à la Chambre des représentants de Géorgie ou à tout autre Américain d’origine palestinienne.

Le rapport cite Romman, selon laquelle la direction du parti a envoyé le message suivant : « Il y a une place pour un républicain anti-avortement, mais pas pour les Palestiniens. »

Le rapport note que les électeurs démocrates ont clairement sanctionné les choix de l’establishment traditionnel lors des primaires, en écartant des candidats de premier plan au profit de dirigeants axés sur la responsabilité, l’empathie envers le peuple palestinien génocidaire et l’opposition à l’influence de l’organisation AIPAC, comme ce fut le cas avec le candidat Abdul Sayed dans le Michigan.

Le Guardian rapporte que les sondages montrent que 60 % des électeurs démocrates potentiels exprimaient une plus grande sympathie pour les Palestiniens, tandis que seulement 23 % d’entre eux soutenaient la guerre d’extermination d’Israël d’ici juillet 2024, ce qui illustre selon le journal un profond fossé entre le public et les dirigeants.

Les pressions du clan de Biden

Sur le plan administratif, l’article du Guardian a révélé que le cercle restreint du président Joe Biden a exercé des pressions pour modifier les analyses de renseignement afin de les aligner sur le récit israélien, pointant du doigt le rôle des conseillers Brett McGurk et Amos Hochstein dans la direction des documents, créant un état d’« autocensure » au sein des agences de renseignement et imposant des normes strictes qui entravent l’enquête sur les violations du droit international par Israël.

Le rapport reproche également à l’administration Biden de s’être dérobée à sa responsabilité dans la situation à Gaza en blâmant d’autres parties sans revoir ses politiques.

Harris et l’influence des donateurs

Concernant le rôle de la vice-présidente Kamala Harris, le rapport indique que, bien qu’elle ait manifesté une certaine sympathie officielle et une ouverture initiale à rencontrer les dirigeants du mouvement « Uncommitted » pour discuter d’un embargo sur les armes, sa campagne s’est rapidement employée à freiner les activistes et à nier cette tendance.

Le Guardian a cité des responsables du parti affirmant que les décisions cruciales concernant Israël étaient prises par « ceux qui ont financé la plateforme » (les grands donateurs) et le réseau pro-israélien au sein du parti, en raison de ce que le rapport décrit comme « la peur de la voix palestinienne ».

Source : Médias