Rachid Al-Haddad
Ansarullah a déplacé le poids de ses opérations du sud de l’Arabie saoudite vers l’ouest, intégrant à sa banque d’objectifs des installations pétrolières dans la région de Yanbu d’une valeur dépassant 50 milliards de dollars, et menant une vaste opération militaire contre les industries pétrolières, les stations de transformation, de stockage et de chargement maritime dans le port de Yanbu. Le mouvement a également annoncé avoir réussi à abattre un avion de chasse saoudien de type F-15 et à capturer ses pilotes.
Le porte-parole des forces armées yéménites, le général de brigade Yahya Saree, a confirmé dans une déclaration que ces forces ont ciblé, mercredi, la profondeur du Royaume à travers deux opérations : l’une a frappé des installations de la société Aramco à Yanbu avec des dizaines de missiles balistiques et de drones, tandis que l’autre a visé la base militaire de Khamis Mushait dans le sud de l’Arabie saoudite, en riposte à l’exécution par cette dernière d’environ 450 raids sur plusieurs gouvernorats yéménites.
Saree a indiqué que « les deux opérations ont atteint leurs objectifs avec succès et que les frappes étaient directes et précises », promettant à Riyad d’élever le niveau d’escalade.
Des amateurs saoudiens ont relayé des images de ce qui a été présenté comme de grandes explosions dans plusieurs installations des sociétés Aramco et Sinopec à Yanbu.
De son côté, une source économique à Sanaa a confirmé à Al-Akhbar que la récente opération de Yanbu est considérée comme l’une des plus coûteuses pour l’Arabie saoudite. Elle a en effet totalement interrompu les exportations de pétrole depuis le port de Yanbu, tandis que l’impact des frappes ayant touché plusieurs installations stratégiques d’Aramco semble de nature à entraver l’exportation du pétrole saoudien pour les mois à venir.
La source a souligné que « Yanbu ne fait pas partie des lieux saints islamiques que l’ennemi saoudien tente, de temps à autre, de prétendre ciblés par les frappes de Sanaa ». Elle a affirmé que « ces fabulations sont démasquées » et que les frappes d’Ansarullah « toucheront l’ensemble des objectifs stratégiques répertoriés ».
Selon elle, aucune alliance militaire ni falsification des faits ne pourra les arrêter, à moins que Riyad « ne descende de son arbre » et ne reconnaisse ses « crimes de guerre, d’extermination et de destruction » infligés aux infrastructures yéménites durant 12 ans d’agression et de siège.
La même source a estimé que « le maintien des revendications du Yémen, représentées par la fin du siège, l’arrêt de l’agression, le paiement des salaires et la fin de la présence militaire au Yémen, constitue une opportunité pour le régime saoudien d’arrêter les opérations de dissuasion menées par les forces de Sanaa, avant que le plafond des exigences ne s’élève à un niveau difficile à exécuter pour le Royaume ».
Cela intervient alors que Riyad a continué d’agiter le spectre d’une menace d’Ansarullah contre La Mecque, sans que cette accusation ne rencontre un quelconque écho populaire dans le monde musulman.
Le porte-parole de la « Coalition » saoudienne, Turki Al-Maliki, a prétendu pour la deuxième fois en 48 heures que « les défenses de la coalition ont intercepté un drone yéménite au sud de La Mecque », accusant Ansarullah de cibler les lieux saints et la Qibla des musulmans, tout en promettant de « défendre La Mecque et les lieux saints de la nation islamique ».
Ces déclarations ont été suivies d’une série de prises de position émanant de gouvernements arabes et islamiques, semblant plus proches d’une tentative de pacification de l’Arabie saoudite que d’une confirmation des accusations du Royaume contre Ansarullah.
Par ailleurs, les forces de Sanaa ont abattu un avion de chasse saoudien de type F-15 alors qu’il menait des actions hostiles dans le ciel du gouvernorat de Marib, et ont réussi à capturer son équipage composé de deux pilotes.
Le Centre des médias de guerre à Sanaa a diffusé, mercredi soir, des images confirmant l’interception du chasseur saoudien par la défense aérienne yéménite et la capacité des missiles utilisés à le traquer et à l’abattre à une haute altitude, ce que des observateurs ont considéré comme un développement qualitatif révélant l’entrée en service de nouveaux systèmes de défense aérienne.
Source : Médias
