La crise entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a éclaté, le mardi 30 décembre, à grande échelle.
Sur le plan politique, Ryad a directement accusé Abou Dhabi de menacer sa sécurité nationale au Yémen, une accusation démentie par les Emiratis.
Sur le plan militaire, des avions de combat saoudiens ont bombardé des fournitures militaires émiraties destinées au Conseil de transition du Sud à Mukalla, capitale du gouvernorat d’Hadramaout, dans l’est du Yémen.
Il s’agit de la pire crise au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) depuis le blocus imposé au Qatar par quatre pays – l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte – en 2017, et qui a duré jusqu’en 2021.
Cependant, cette nouvelle crise, qui couvait depuis longtemps entre les deux pays et dont l’accumulation de points de friction a fini par éclater au grand jour, est désormais un secret de polichinelle.
Cette situation intervient dans un contexte de bouleversements majeurs dans la région, notamment les agissements israéliennes, soutenus par les États-Unis, dans lesquelles les Émirats arabes unis sont soupçonnés de jouer un rôle important.
Le Royaume saoudien craint que cela n’entraîne le déploiement de forces israéliennes le long de sa frontière avec le Hadramaout si les tentatives de retrait des forces du Conseil de transition du Sud (CTS) des zones qu’elles occupent échouent.
Le dernier événement en date est la prise de contrôle rapide par le CTS des gouvernorats du Hadramaout et d’Al-Mahra, à la demande des Émirats arabes unis, et la reconnaissance du Somaliland par l’entité sioniste, une décision qui a provoqué la colère de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de la Turquie.
La crise a été exposé au public après une déclaration du ministère saoudien des Affaires étrangères, qui a déploré les pressions exercées par les Émirats arabes unis sur le Conseil de transition afin de contraindre ses forces à mener des opérations militaires aux frontières méridionales du Royaume.
Des officiers émiratis brûlent des dossiers avant de quitter Hadramaout
Entre-temps sur le terrain, des officiers émiratis ont brûlé, dans la nuit de mardi à mercredi juste avant de quitter l’aéroport d’Al-Rayyan, un grand nombre de dossiers et de documents importants relatifs à leurs missions aux Yémen, c’est ce qu’ont rapporté des sources locales à Mukalla, capitale du gouvernorat du Hadramaout.
Ces mêmes sources ont confirmé au quotidien qatari Al-Quds Al-Arabi que des convois militaires appartenant aux forces du Conseil de transition du Sud (CTS), soutenus par Abou Dhabi, ont quitté le camp de Nahab, dans le district de Ghayl Bin Yamin, en direction de la ville de Sayun, dans le Wadi Hadramaout, afin d’y établir une présence.
Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé mardi le retrait de ses équipes du Yémen.
Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a exprimé ses profonds regrets concernant la déclaration publiée par le Royaume d’Arabie saoudite, qu’il juge contenir des « inexactitudes fondamentales » quant au rôle des Émirats arabes unis dans les événements en cours au Yémen.
Rappelons que le cabinet saoudien avait sommé, peu auparavant, les Émirats arabes unis à se plier à la demande du Yémen de retirer les forces émiraties du pays dans les 24 heures et de cesser tout soutien militaire au « Conseil de transition du Sud ».
L’Arabie saoudite a également exprimé, dans une déclaration précédente, ses regrets quant aux « mesures extrêmement dangereuses » menées par Abou Dhabi près de ses frontières.
