Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude quant à l’évolution de la situation en Cisjordanie, avertissant que l’expansion des colonies, en particulier les propositions relatives à la zone « E1 », pourrait conduire à la séparation du nord de la Cisjordanie et de son sud, menaçant ainsi la solution à deux États.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, considère comme profondément préoccupant le développement de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, et notamment les projets d’extension de la zone E1, a déclaré mercredi son porte-parole, Stéphane Dujarric, lors d’une conférence de presse à New York. Il a ajouté que l’expansion des colonies pourrait couper le nord de la Cisjordanie de sa partie sud, menaçant ainsi l’existence même de la solution à deux États.
Guterres a appelé Israël à s’abstenir de toute nouvelle mesure à cet égard et à respecter les résolutions de l’ONU, conformément à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice rendu le 19 juillet 2024.
60 000 dunams confisqués
Il y aurait plus de 700 avant-postes de colonisation en Cisjordanie d’ici 2026, y compris des avant-postes pastoraux, agricoles et résidentiels non autorisés, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies ( OCHA ), B’Tselem et l’Institut de recherche appliquée.
Il existe également 160 colonies reconnues par le gouvernement israélien, selon le ministère israélien de l’Intérieur, tandis que plus de 3 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, selon les données et les rapports de l’ONU et des organisations de défense des droits de l’homme.
Les données d’OCHA indiquent que plus de 1 200 attaques de colons ont été recensées chaque année entre 2023 et 2025, incluant des agressions physiques, des incendies criminels et des confiscations de terres. Elles indiquent également que plus de 60 000 dunams ont été effectivement accaparés par des colons via des avant-postes pastoraux ces dernières années.
Londres condamne l’E1
Le ministre britannique des Affaires étrangères a condamné l’appel d’offres israélien pour la colonie « E1 » et convoque le chargé d’affaires israélien, exigeant l’arrêt immédiat du projet.
Ed Miliband a expliqué au ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, que le gouvernement israélien devait immédiatement stopper le plan « E1 », retirer l’appel d’offres et mettre fin à toutes les opérations d’expansion des colonies, étant donné la « condamnation généralisée du plan car il provoque la fragmentation des terres sur lesquelles les Palestiniens cherchent à établir leur État ».
Le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé qu’il se préparait à introduire dans les prochaines semaines un ensemble complet de mesures en réponse à la politique d’expansion des colonies du gouvernement israélien.
Le projet « E1 » est un plan de colonisation à l’est de Jérusalem qui séparerait de fait le nord de la Cisjordanie du sud. Il prévoit la construction de 3 412 nouveaux logements, répartis dans le cadre de deux programmes distincts.
La zone s’étend sur une superficie de 12 kilomètres carrés et fait partie de l’influence municipale de la colonie de Maalé Adoumim, et est située au nord et à l’ouest de celle-ci.
Depuis fin 2022, la Cisjordanie occupée est le théâtre d’une escalade de violences de la part des colons qui ne cachent pas leurs velléités de son annexion, malgré les affirmations des Nations Unies que les colonies construites dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, sont illégales au regard du droit international.
Au cours du premier semestre de cette année, les colons ont commis 3 488 attaques contre des Palestiniens et leurs biens, selon un rapport publié le 6 juillet par la Commission de résistance au mur et aux colonies (organisme gouvernemental).
Les organisations de défense des droits humains affirment que les soldats israéliens ferment les yeux sur les attaques des colons, et y participent même.
Ces attaques de l’armée et des colons comprennent entre autres : des meurtres et des arrestations, la démolition de maisons et d’infrastructures, l’incendie de mosquées, le terrassement de terres agricoles, l’empêchement des agriculteurs d’accéder à leurs exploitations, le déplacement de Palestiniens et l’expansion des colonies sur leurs terres.
Source : Médias
