jeudi, 20/08/2026   
   Beyrouth 11:41

Damas : Aucune intention d’établir une base militaire turque à l’aéroport d’Abou al-Dhouhour

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Chibani, a déclaré qu’il n’était pas prévu d’établir une base militaire turque à l’aéroport d’Abou al-Dhouhour, ni d’y installer une présence militaire turque permanente ou d’y déployer des forces turques. Il a souligné que l’aéroport n’avait fait l’objet d’aucun renforcement militaire turc avant l’attaque israélienne, cette dernière étant, selon lui, dépourvue de justification légitime.

Al-Chibani a déclaré dans des réponses écrites aux questions d’Axios qu’«il n’était pas prévu d’y établir une base turque, ni d’y établir une présence militaire turque permanente ou d’y déployer des forces turques», expliquant que les travaux en cours sur la base se limitaient à la remise en état des pistes et des installations endommagées pendant la guerre, en vue de leur utilisation par l’armée de l’air syrienne.

Il a ajouté que la base était « presque vide » et pas encore opérationnelle, soulignant que le lien entre la frappe aérienne et une présence militaire turque n’était « pas étayé par les circonstances sur le terrain ». Il a toutefois reconnu que des officiers militaires turcs s’étaient rendus sur place quelques jours avant la frappe, mais a expliqué que cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une coopération militaire, d’entraînements et d’échanges d’expertise.

Le ministre syrien a noté que la Syrie et Israël avaient été en contact dans les jours précédant le raid, et que les responsables syriens avaient informé la partie israélienne de la nature des travaux de réhabilitation, et confirmé que la base était « syrienne et resterait sous souveraineté et contrôle syriens », et qu’il n’était pas prévu d’y établir une présence turque permanente.

Al-Chibani a déclaré qu’Israël n’avait aucune justification légitime pour cette frappe, tout en soulignant que Damas restait ouvert à la négociation avec Israël pour parvenir à un accord visant à réduire l’escalade à la frontière.

Il a expliqué que la Syrie et Israël, au cours d’une année de négociations menées sous l’égide des États-Unis, avaient progressé vers un accord de sécurité, mais qu’Israël avait par la suite renié ses engagements et que l’accord n’avait pas été mis en œuvre sur le terrain, soulignant que tout accord futur devait tenir compte des préoccupations sécuritaires des deux parties et respecter la souveraineté de la Syrie.

Netanyahu : Nous avons mis en garde la Syrie contre la présence turque.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a défendu le raid, affirmant qu’Israël avait mis en garde la Syrie contre toute présence militaire turque sur la base d’Abu al-Duhur, arguant que Damas était sur le point de violer un accord de sécurité avec Israël.

Dans une vidéo, Netanyahu a déclaré que le message d’Israël à la Syrie était clair : « Ne le faites pas », ajoutant qu’Israël « ne tolérera pas » ce qu’il considère comme une présence militaire turque qui menace sa sécurité, et décrivant le raid comme un message dans ce contexte.

Contact du Mossad

Reuters a cité des sources selon lesquelles un contact syro-israélien a eu lieu le 14 août.

L’agence rapporte que le nouveau chef du Mossad israélien, Roman Gofman, s’est entretenu par téléphone avec le ministre syrien des Affaires étrangères, au sujet du déploiement militaire turc en Syrie.

Selon des sources, il s’agissait du premier appel entre Al-Chibani et Goffman depuis l’entrée en fonction de ce dernier en juin

Katz : Erdogan entraîne la Turquie dans des aventures dangereuses.

De son côté, le ministre de la Défense ennemi, Yisrael Katz, a accusé le président turc Recep Tayyip Erdogan d’« entraîner la Turquie dans des aventures dangereuses en Syrie », soulignant qu’« Israël ne permettra à aucune partie de menacer sa sécurité ».

Il a ajouté qu’« Erdogan aurait mieux fait de s’en tenir à ses discours creux et fantaisistes contre Israël au parlement turc, au lieu de provoquer une confrontation directe ».

Turquie : tentative de justifier les raids

Mercredi, la présidence turque a rejeté les accusations israéliennes concernant une présence militaire turque sur la base d’Abu al-Dhouhour, les considérant comme une tentative de justifier les raids israéliens en Syrie.

La présidence turque a déclaré que les affirmations de Netanyahu étaient « fausses » et visaient à « légitimer les raids israéliens illégaux » sur le territoire syrien, soulignant qu’Ankara continuerait de coopérer avec le gouvernement syrien pour soutenir la sécurité et la stabilité, et appelant Israël à respecter le droit international et à abandonner ses politiques, qu’elle a qualifiées d’expansionnistes et de déstabilisatrices.

Trump : J’ai été informé de la frappe

En revanche, le président américain Donald Trump a reconnu à Axios avoir été informé de la frappe israélienne, mais a refusé de la critiquer ou de préciser s’il avait reçu la notification avant ou après l’attaque, se contentant de dire : « Je ne peux pas en parler. »

Selon des responsables américains et israéliens, Israël avait informé l’administration Trump au préalable que le raid visait à empêcher un renforcement militaire turc sur la base.

Al-Chibani a déclaré avoir été en contact avec l’administration américaine avant et après le raid, dans le but de transmettre la position syrienne et d’œuvrer pour empêcher une escalade, ajoutant que Damas avait informé Washington qu’elle ne faisait pas confiance aux intentions israéliennes à l’égard de la Syrie et que les opérations militaires israéliennes « ne contribuent pas à la stabilité » du pays ou de la région.

Mardi matin, des avions israéliens ont lancé huit raids sur la base aérienne d’Abu al-Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, ciblant ses pistes ainsi que les sites et installations à l’intérieur, endommageant les pistes récemment réhabilitées, sans faire de victimes.

Des images satellites montrent les conséquences du raid aérien israélien sur l’aéroport où cinq impacts de bombardement sont visibles sur la piste, rendant la base aérienne inutilisable.

Source : Médias