Selon des informations révélées par l’agence Bloomberg, le ministère américain de la Défense a transmis un questionnaire aux alliés de l’OTAN afin d’évaluer leur degré d’alignement sur la politique étrangère du président Donald Trump. Cette initiative intervient alors que Washington étudie le maintien ou le retrait de ses troupes à travers le monde.
D’après Bloomberg, le document examine la posture de chaque pays concernant les opérations militaires américaines, l’accès accordé aux bases et aux installations, ainsi que les achats d’armements américains. Il comporte également une question encore plus explicite : chaque État a-t-il « fait preuve d’alignement » avec la vision de politique étrangère de l’administration Trump ?
Pression sur les alliés européens
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une montée des pressions américaines sur leurs alliés. En mai dernier, le Pentagone a engagé le retrait de près de 5 000 soldats stationnés en Allemagne, après que le chancelier Friedrich Merz a ouvertement et vivement critiqué la stratégie de Donald Trump à l’égard de l’Iran.
Le président américain a également menacé de rompre tout échange commercial avec l’Espagne, après le refus de Madrid d’accorder l’accès à ses bases pour mener des frappes contre l’Iran. Quelques semaines plus tard, Reuters rapportait qu’un responsable du Pentagone avait évoqué la possibilité de suspendre purement et simplement l’Espagne de l’OTAN.
Les pressions ne se limitent pas aux alliés européens. Oman, qui joue le rôle de médiateur clé pour tenter de parvenir à un accord sur le détroit d’Ormuz, se retrouve lui aussi dans le collimateur de Donald Trump. Le président américain a menacé, ce lundi, de « bombarder lourdement » le sultanat si celui-ci venait à « faire obstacle » à la conclusion d’un accord avec l’Iran.
Dans ce même contexte, Donald Trump a ordonné dimanche à son ministère de la Défense de « réduire considérablement » l’ampleur des manœuvres annuelles « Ulchi Freedom Shield » menées avec la Corée du Sud. Il a invoqué leur coût financier ainsi que sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Ces exercices annuels ont débuté le 17 août et doivent se poursuivre jusqu’au 27 août, sur fond de maintien de la coordination militaire entre Washington et Séoul. Depuis des décennies, ces manœuvres conjointes constituent le pilier de la posture de dissuasion liant Washington et Séoul face à la Corée du Nord.
Dans une publication sur la plateforme Truth Social, Donald Trump a indiqué avoir récemment demandé au président sud-coréen si son pays souhaitait s’associer aux États-Unis pour démanteler le programme nucléaire iranien, ce à quoi il s’est vu répondre : « Non, merci ! ».
« Nous ne pouvons pas continuer à protéger tous ces pays, d’autant plus lorsqu’ils ne répondent pas présent pour nous aider », a déclaré hier Donald Trump devant la presse.
Malgré les directives présidentielles, les exercices ont débuté à la date prévue. De son côté, le commandant des forces américaines en Corée, le général Xavier Brunson, s’est entretenu avec des responsables de la défense sud-coréenne sur les modalités de réduction des manœuvres conjointes.
Ces développements interviennent alors que l’administration Trump poursuit ses pressions sur ses alliés concernant leurs contributions à la politique militaire et sécuritaire américaine. Si l’Europe essuie depuis des années l’essentiel des critiques formulées par Donald Trump envers les alliances américaines, cette campagne de pression prend désormais une tournure plus systématique, sur fond de vives divergences transatlantiques en raison de la guerre avec l’Iran.
En parallèle, la marine américaine retire le porte-avions USS George Washington du Pacifique Ouest pour relever l’ USS Abraham Lincoln, déployé depuis une période prolongée. Ce mouvement laissera temporairement la région Asie sans aucun porte-avions américain, selon le média Axios.
Source : Médias