vendredi, 02/10/2026   
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Syrie : Frappes israéliennes sur un aéroport militaire dans la campagne d’Idleb, « après une visite turque ». Les USA informés

Des appareils non identifiés ont frappé mardi un aéroport militaire hors service dans le nord-ouest de la Syrie, où sont présentes des forces du ministère de la Défense du pays, a indiqué une source sécuritaire à l’AFP.

« Tôt mardi matin, des appareils inconnus ont bombardé l’aéroport militaire d’Abou Dhouhour, dans la province d’Idleb », a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.

L’aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon la même source, et est actuellement protégé par les forces du ministère syrien de la Défense.

Aucune victime n’a été signalée et l’attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat.

L’armée israélienne a décliné tout commentaire, en réponse à une question de l’AFP concernant ces frappes.

Dans l’après-midi, le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé « des frappes aériennes israéliennes », les qualifiant d’« agression injustifiée et de violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi que d’escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité dans la région ».

Il a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité à condamner l’attaque.

Selon la chaine qatarie Al Jazeera, les avions sont entrés dans l’espace aérien syrien via l’espace aérien libanais, avant de mener leurs raids à la périphérie de l’aéroport situé à l’est d’Idleb, dans la zone située entre les gouvernorats d’Alep et d’Idleb.

Après une visite turque

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a indiqué que ces frappes ont eu lieu après « la visite, ces derniers jours, d’une délégation militaire turque à l’aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service ».

Des médias locaux ont rapporté que l’attaque a été menée en quatre vagues de 8 raids qui ont ciblé des aéronefs appartenant à la nouvelle armée de l’air syrienne, dont deux chasseurs Sukhoï Su-22, un certain nombre d’avions d’entraînement L-39 et de vieux hélicoptères.

Cette attaque est survenue quelques jours après l’apparition d’avions Su-22 lors de vols d’entraînement dans le nord de la Syrie, ont-ils précisé.

Les USA informés

Fox News, citant un responsable israélien, a rapporté que l’attaque contre l’aéroport militaire d’Abou al-Dhouhour, dans la province d’Idleb (sud-est du pays), est intervenue après un échange de renseignements sensibles avec les plus hautes instances des États-Unis.

Le responsable israélien a ajouté que le président intérimaire syrien Ahmed al-Charaa, « ne peut pas agir comme le faisait le précédent régime syrien, qui maintenait les forces alliées sur le sol syrien ».

L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, avait auparavant écrit sur le réseau social X être « profondément préoccupé par la frappe israélienne sur la base militaire d’Abou al-Dhouhour, qui pourrait conduire à une escalade injustifiée. »

Condamnation turque

Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, la Turquie a fermement condamné ces frappes, soulignant que l’agression israélienne contre la Syrie « viole sa souveraineté et prend de nouvelles dimensions jour après jour ».

Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé la communauté internationale à « adopter une position plus ferme pour mettre fin à l’escalade de l’agression israélienne contre la Syrie ».

Rivalité turco-israélienne

Pour sa part, l’universitaire et analyste politique Kamal Abdo a déclaré à Al Jazeera que les raids contre l’aéroport militaire d’Abou al-Dhouhour constituent « une nouvelle preuve de l’ampleur qu’a prise la rivalité turco-israélienne en Syrie », notant que le nord de la Syrie est considéré comme l’une des « zones traditionnelles d’influence turque », compte tenu du déploiement militaire turc dans plusieurs localités d’Idleb et d’Alep, ainsi que dans les régions de Hassaké, Ras al-Aïn et Tal Abyad.

Abdo a estimé qu’Israël « poursuit la mise en œuvre de sa stratégie en Syrie par la force militaire », rejetant la validité des informations faisant état d’un « veto » américain sur les opérations militaires, ajoutant que la dernière frappe, selon lui, n’aurait pas été menée sans le feu vert américain.

Source : Divers