Le Mufti jaafarite supérieur, Cheikh Ahmad Qabalan, a appelé le président de la République, Joseph Aoun, à adopter le « consensus national » pour faire face à la crise libanaise. Mettant en garde contre les risques de miser sur l’étranger, il a souligné que la protection du Liban passe par le partenariat interne.
Dans une lettre ouverte adressée à Aoun, Cheikh Qabalan a declaré que « tout ce qui se passe dans la région est extrêmement dangereux », indiquant que le Liban « ne peut être englouti par Washington et Tel-Aviv ».
Il a affirmé que la solution réside dans « le respect de la composition nationale, l’adoption de la formule consensuelle pour le salut du Liban et le refus de sombrer dans les projets de discorde confessionnelle ».
Il a également estimé que « ce que fait le pouvoir exécutif constitue des projets d’extermination ciblant une communauté en particulier », rappelant que cette communauté « a consenti d’immenses sacrifices face à l’occupation israélienne pour protéger l’État et la formule nationale ».
Il a ajouté que le président Aoun « a placé le pays dans des choix qui s’opposent à sa composition et à l’unité nationale, et qu’il est sommé d’en sortir ».
Considérant que « l’heure est au salut national, et qu’il n’y a pas de salut sans consensus, partenariat et concorde nationale », il a appelé à ne pas compter sur les « coulisses de Washington et de Tel-Aviv ».
Hommage à Amal et au Hezbollah
Cheikh Qabalan a souligné que le mouvement Amal et le Hezbollah ont offert de lourds sacrifices face à l’occupation israélienne, estimant que l’État libanais « doit son existence et sa légitimité à cette libération ».
Il a par ailleurs salué le président du Parlement, Nabih Berri, affirmant qu’il « a veillé, tout au long de son parcours, à préserver la représentation nationale », et que « ce pays repose sur un partenariat national, une formule consensuelle et une seule et même famille ».
Il a ajouté que le Liban « ne saurait satisfaire Washington, Bruxelles ou Tel-Aviv au détriment de ses intérêts nationaux », appelant à préserver le partenariat islamo-chrétien.
La Résistance et la relation avec l’Armée
Sur le plan régional, Cheikh Qabalan a estimé que les mutations en cours dans la région ont modifié les rapports de force, soulignant que « ce qu’exécute Israël à Gaza, en Cisjordanie et dans le sud de la Syrie confirme ses ambitions d’occupation », et que « la capacité et la préparation de la Résistance » constituent un facteur de dissuasion.
Il a conclu en affirmant que « la solution passe par un arrangement souverain et national entre l’Armée et la Résistance afin de remplir les plus hautes fonctions souveraines nationales », ajoutant que « le président Nabih Berri incarne une patrie rassemblant toutes les communautés, la solution se trouve chez lui et non à l’étranger, et la voie exclusive pour la famille libanaise se trace de l’intérieur du Liban, pas chez les Italiens ».
Source : Médias
