samedi, 15/08/2026   
   Beyrouth 08:04

Menace du « pire » paquet de sanctions : Washington fait monter les enchères de la guerre économique

Des Iraniens issus de toutes les couches de la société se sont rassemblés sur la place Enghelab, à Téhéran, pendant la récente guerre. (Illustration)

Washington a durci ses menaces économiques contre Téhéran, parallèlement à la persistance des tensions dans le détroit d’Ormoz et au piétinement des contacts visant à renouveler le cessez-le-feu et à reprendre les négociations.

Ce durcissement intervient après que le président américain, Donald Trump, a laissé entendre plus tôt dans la semaine que son administration privilégierait la pression économique à l’action militaire.

Dans ce contexte, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé que l’administration s’apprête à dévoiler, la semaine prochaine, un nouveau train de mesures contre l’Iran, qu’il a qualifié de « pire du genre dans l’histoire des sanctions et de l’isolement économique imposés à un pays ».

Bessent a expliqué, dans une interview télévisée, que Washington associera « un isolement économique total à la poursuite du blocus dans le détroit d’Ormoz », ce qui entraînera, selon lui, « l’interdiction de la circulation des biens et des marchandises à destination et en provenance des ports iraniens ».

Il a ajouté que ces nouvelles mesures dépasseront, par leur portée et leur intensité, toutes celles prises jusqu’à présent contre l’Iran.

Parallèlement, le vice-président américain, J.D. Vance, a esquissé dans une interview accordée à la chaîne Fox News une vision de la fin de la guerre fondée sur la sortie des États-Unis dans une position de force, la garantie que l’Iran ne se dotera pas d’armes nucléaires, et le rétablissement de la stabilité des prix du pétrole et du gaz par un règlement de la situation dans le détroit d’Ormoz.

Vance n’a pas répété ses positions antérieures sur la nécessité de rouvrir le détroit et de garantir le libre passage des navires qui y transitent, tandis que ses nouvelles déclarations ont laissé entendre que l’administration accorde désormais aux répercussions économiques de la guerre une priorité supérieure aux objectifs qu’elle avait proclamés au moment de son déclenchement.

Il a érigé la baisse des prix du pétrole et du gaz pour les consommateurs américains au rang de premier objectif de Washington, déclarant que « la priorité absolue est de maintenir des prix de l’énergie bas partout aux États-Unis », tandis que le deuxième objectif, selon lui, consiste à « empêcher définitivement l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire ».

Sur le plan militaire et sur le terrain

Dans le détroit d’Ormoz, l’Iran a poursuivi ses attaques contre les navires et les pétroliers tentant de traverser la zone sous la supervision des forces américaines.

À cet égard, la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi (ADNOC) a annoncé que deux de ses navires ont été la cible d’une attaque, avant-hier soir, alors qu’ils traversaient le détroit d’Ormoz, l’Émirat imputant à l’Iran la responsabilité de cet acte. L’attaque de jeudi est la deuxième du genre à frapper des navires de la compagnie en l’espace d’une semaine.

Sur le plan de l’actualité des combats également, la télévision iranienne a rapporté que les défenses aériennes des Gardiens de la révolution ont repéré et abattu un drone de type MQ-9 dans la province d’Hormozgan, au moment où le journal The Washington Post révélait, dans un récent reportage, que l’armée américaine a perdu au moins 45 drones de type MQ-9 Reaper depuis le début du conflit avec l’Iran, soit près d’un quart de sa flotte de ce type.

Le journal a cité trois responsables américains bien informés ayant requis l’anonymat, selon lesquels « ces drones ont été intensivement utilisés dans les opérations en cours autour du détroit d’Ormoz, mais leur faible vitesse et leur vol, souvent à basse altitude, les ont rendus vulnérables aux attaques des forces iraniennes et de leurs alliés au Yémen et en Irak ».

D’après le journal, le coût d’un seul appareil oscille entre 30 et 50 millions de dollars, ce qui signifie que la valeur totale des pertes de ce type a dépassé 1,3 milliard de dollars.

Les données budgétaires et les registres militaires montrent, selon le journal, que les forces américaines possédaient, avant le début de la guerre, environ 185 drones Reaper, dont 165 appartenaient à l’US Air Force et 20 au Corps des Marines, sans compter ceux exploités par les agences de renseignement américaines.

Ainsi, ces pertes de Reaper s’ajoutent à une liste croissante d’armes et de munitions américaines consumées par la guerre contre l’Iran.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar