vendredi, 14/08/2026   
   Beyrouth 12:13

Reuters : Aucune preuve américaine ou turque ne soutient les allégations israéliennes d’une tentative d’assassinat contre Trump

Reuters a cité des responsables américains affirmant que les services de renseignement américains n’ont pas été en mesure de vérifier les avertissements israéliens répétés depuis l’année dernière, selon lesquels l’Iran chercherait à assassiner le président Donald Trump.

Selon ces sources, les avertissements, transmis aux agences de renseignement américaines et parfois relayés directement par des responsables israéliens à de hauts responsables de la Maison Blanche, incluaient des plans possibles visant à abattre Trump par un tireur d’élite et à recruter quelqu’un pour l’attaquer au couteau lors d’un grand événement public.

Selon ces sources, ces avertissements avaient commencé durant la période précédant la guerre de 12 jours menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran en juin 2015, puis se sont intensifiés avant la décision de Washington d’entrer en guerre contre l’Iran en février dernier.

Reuters a cité un responsable américain et une autre personne au fait de la question, selon lesquels l’avertissement le plus détaillé a été donné avant le sommet de l’OTAN qui s’est tenu dans la capitale turque, Ankara, en juillet dernier, lorsque des responsables israéliens ont informé la Maison Blanche de renseignements indiquant que l’Iran pourrait tenter d’assassiner Trump, éventuellement avec un missile sol-air portable, après son voyage à bord d’Air Force One pour assister au sommet.

Concernant les avertissements récents lors du sommet de l’OTAN, un responsable turc a déclaré que les services de renseignement de son pays n’ont également trouvé aucune preuve pour étayer l’affirmation israélienne concernant un plan visant Trump, une évaluation qui a été partagée avec la partie américaine.

Cependant, la Maison-Blanche et les services secrets ont pris des mesures de précaution, sans toutefois en vérifier l’exactitude. Parmi ces mesures figurait une opération de dissimulation exceptionnelle lors du voyage en Turquie, qui a consisté à transférer Trump de l’avion présidentiel à un autre appareil.

Mais les détails de l’opération ont suscité une vague de scepticisme et d’inquiétude au sein des services de renseignement américains et du Congrès. Des responsables américains, actuels et anciens, ont confié au Washington Post que la CIA était sceptique quant à l’avertissement israélien.

Les analystes ont jugé ces informations « peu convaincantes » et peu crédibles, car elles provenaient exclusivement de sources israéliennes et non américaines. Le Washington Post a cité le sénateur démocrate Chris Van Hollen, qui a déclaré que la question « semblait un peu fantaisiste », et a exprimé sa curiosité quant à la crédibilité des données israéliennes et la possibilité de les vérifier de manière indépendante.

Deux anciens responsables américains ont indiqué à Reuters que les renseignements israéliens concernant l’Iran parviennent généralement à la CIA ou à la NSA par les voies officielles pour analyse. Ils ont ajouté que les agences de renseignement américaines sont souvent dans l’incapacité de vérifier ces informations et ont recours à d’autres sources pour en évaluer la crédibilité et l’exactitude.

L’agence a également cité un ancien responsable affirmant qu’à plusieurs reprises lors des deux attaques militaires américaines contre l’Iran, la CIA a estimé que son niveau de confiance dans les renseignements israéliens concernant les menaces iraniennes — y compris les complots visant à assassiner Trump — était faible.

Certains responsables du renseignement américain ont perçu la diffusion de cet avertissement par Israël comme faisant partie d’une série de rapports destinés à influencer la prise de décision présidentielle et la politique américaine dans la région.

Un responsable américain a révélé au Washington Post que les préoccupations d’Israël ne se limitent pas à l’Iran mais incluent le rapprochement entre Washington et Ankara ainsi que la relation personnelle entre Trump et Erdogan, Tel Aviv considérant la Turquie comme une menace à moyen et long terme.

Source : Agence