Les États-Unis ont annoncé vendredi reconnaître la souveraineté du Japon sur les îles visitées par le président russe Vladimir Poutine.
L’ambassadeur américain à Tokyo, George Glass, utilisant le nom japonais des îles Kouriles, que Poutine a visitées pour la première fois jeudi, a déclaré : « Les États-Unis restent fermes dans leur soutien à leur allié le plus important et dans leur reconnaissance de la souveraineté du Japon sur les Territoires du Nord. »
Glass a ajouté : « À l’heure où l’alliance nippo-américaine s’attache à promouvoir la prospérité dans la région indopacifique, nous nous opposons fermement à toute action qui compromet sa paix et sa stabilité. »
Il convient de noter que Poutine s’est rendu jeudi sur l’île d’Itouroup, l’une des îles Kouriles disputées entre Moscou et le Japon.
L’agence de presse russe TASS a rapporté qu’il s’agissait de la première visite de Poutine dans cet archipel. Lors de sa visite, Poutine a visité l’usine de transformation de poisson Yasny à Itouroup, après avoir supervisé des exercices navals dans l’Extrême-Orient russe.
Réaction japonaise
Le Japon a rapidement réagi, la Première ministre Sanae Takaichi qualifiant la visite d’« absolument inacceptable » et affirmant qu’elle « blesse les sentiments du peuple japonais », prévenant qu’elle rendait le rétablissement des relations bilatérales à moyen et long terme « plus difficile ».
Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a également convoqué l’ambassadeur russe Nikolaï Nozdrev, affirmant que « les territoires du nord, y compris Itouroufu, sont historiquement et juridiquement un territoire japonais ».
Jeudi, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a souligné que la souveraineté et la juridiction de la Russie sur les îles Kouriles du Sud sont incontestables, tout en critiquant vivement la position hostile des dirigeants japonais envers Moscou.
Quatre îles de cet archipel sont concernées par ce contentieux : Itouroup, Kounachir, Chikotan et les îles Habomai. Si le Japon estime que certaines de ces îles ne font pas partie des Kouriles – et ne rentrent donc pas dans le champ du traité – et invoque un argument d’antériorité, la Russie affirme que sa souveraineté y a été reconnue par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L’Union soviétique avait alors annexé ces îles volcaniques stratégiques en 1945, lors de l’invasion de la Mandchourie, une région appartenant dorénavant à la Chine. En réalité, ces îles ont fait l’objet de traités internationaux depuis le 19e siècle.
Après l’annexion de l’URSS, et la défaite du Japon à l’issue du conflit mondial, le traité de San Francisco, signé avec le pays du soleil levant en 1951, stipule que Tokyo renonce à ses revendications sur les îles Kouriles, sans reconnaître la souveraineté de l’Union soviétique.
Source : Médias
