mercredi, 12/08/2026   
   Beyrouth 15:52

Loi d’amnistie: les députés du Hezbollah et du CPL se sont retirés de la session parlementaire

Les députés du Courant patriotique libre et du bloc Loyauté à la Résistance se sont retirés de la session parlementaire pour protester contre le refus du Premier ministre Nawaf Salam d’autoriser le ministre de la Défense, Michel Menassa, à entrer dans la salle et à prononcer le discours de l’armée libanaise concernant la loi d’amnistie générale.

Le député Ibrahim Moussawi, membre du bloc « Loyauté à la Résistance », a déclaré que le bloc s’était retiré « parce que le ministre de la Défense a été empêché de donner l’avis de l’armée libanaise et de son ministère lors de la session », notant que ce retrait est intervenu avant le vote sur la loi sur l’amnistie.

Du même bloc, le député Hussein Hajj Hassan a affirmé que le bloc Loyauté à la Résistance s’était opposé à l’adoption de la loi d’amnistie générale dans sa forme actuelle lors de la session parlementaire. Il a expliqué que l’objection du bloc portait sur deux points principaux : premièrement, les amendements que certains ont tenté d’introduire après l’adoption de la loi par les commissions parlementaires mixtes ; deuxièmement, le refus de donner la parole au ministre de la Défense, Michel Menassa, pendant la session.

Dans le même temps, Haj Hassan a indiqué que « le retrait des députés du bloc Loyauté à la Résistance est intervenu lors des débats sur la loi d’amnistie générale et au moment du vote », mais que « ces députés ont repris leurs fonctions lorsque le Parlement a abordé la question de la loi de restructuration et de réorganisation des banques ».

Il a affirmé que la réduction de la peine de mort à 17 ans d’emprisonnement était inacceptable aux yeux de son bloc.

S’adressant aux députés sunnites, il a déclaré : « Nous comprenons votre préoccupation et nous savons que des innocents sont emprisonnés, mais je vous en prie, comprenez-nous. Si vous n’avez aucun respect pour le sang des martyrs tombés lors des bombardements, ayez au moins une pensée pour les martyrs de l’armée libanaise. »

Le député du CPL Gebran Bassil a quant à lui expliqué les raisons du refus de son bloc de la loi d’amnistie : « Notre position sur la proposition d’amnistie est bien connue, mais nous n’accepterons pas que la session se déroule sans la présence du ministre de la Défense, car cela créerait un précédent inacceptable, d’autant plus que cela contrevient à l’article 67 de la Constitution. Le Parlement ne doit pas accepter cette situation. »

Le député du CPL Salim Aoun a déclaré : « On empêche le ministre de la Défense d’exprimer l’avis de l’armée libanaise et de son ministère, et notre retrait aujourd’hui vise à éviter toute complicité dans une telle violation par notre présence. » Il a demandé : « Qu’est-ce qui nous empêche d’entendre un avis ? Quel est ce précédent ? Le ministre de la Défense ne parle pas au nom du gouvernement, mais au nom de l’armée. Qu’est-ce qui nous empêche d’entendre un avis qui ne nous engage ni nous ni personne d’autre, et qui n’engage pas le gouvernement ? »

Le Parlement a finalement approuvé la loi d’amnistie générale telle qu’elle émanait des commissions mixtes, avec des amendements relatifs aux droits individuels, à la libération sous caution et aux procès hors prison. La peine minimale pour bénéficier d’une libération sous caution a été réduite de 14 à 12 ans, et le terme « définitif » a été supprimé de l’article, de sorte que la libération est désormais réservée aux personnes n’ayant aucune condamnation en suspens, et non plus à celles ayant fait l’objet d’un jugement définitif.

En marge, la députée indépendante Ghada Ayoub a annoncé que la loi d’amnistie générale inclut un article accordant aux Libanais collaborateurs ayant fui vers « Israël » en 2000 le droit de retourner au Liban.

Concernant la loi sur les médias qui a été votée, Ibrahim al-Moussawi a assuré qu’une initiative est en cours pour rassembler tous les amendements pertinents et en proposer de nouveaux, acceptables par tous.

Il a indiqué avoir tenté de reporter l’adoption de la loi et de la renvoyer aux commissions mixtes pour un examen plus approfondi, mais l’argument avancé était que la loi datait de seize ans. Assurant que la récente loi comprend plus de 30 modifications par rapport à l’ancienne, il a souligné que, malgré ses nombreux aspects positifs, la loi présente également des lacunes, notamment son article 104, et a insisté sur le fait que la demande de modification et de remplacement de certains de ses articles se poursuivra.

Mardi, le Parlement libanais a adopté, la loi abolissant la peine de mort après avoir amendé son texte, à une majorité parlementaire et au terme de larges débats en séance plénière

Source : Divers