mercredi, 12/08/2026   
   Beyrouth 13:06

Guerre de Gaza : Les candidats américains aux élections évitent l’AIPAC qui change de mode opératoire

Un rapport du site web de la chaine qatarie Al Jazeera estime que le lobby israélien American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) n’est plus en mesure de contrôler les urnes américaines comme il le faisait au cours des dernières décennies, rapportant que les candidats commencent à l’éviter et à recevoir de l’argent de sa part pour éviter la colère des électeurs qui sont devenus plus favorables à la Palestine après la guerre génocidaire dans la bande de Gaza.

Le rapport intitulé « Comment l’AIPAC tente-t-elle de s’adapter aux conséquences de la guerre de Gaza avant les élections ? » indique que pendant plus de six décennies, l’AIPAC fondée dans les années 1950 ne versait aucun financement direct à aucun candidat et son pouvoir résidait dans le lobbying et les relations. Mais le mouvement progressiste apparu au sein du Parti démocrate en 2022 l’a forcée à changer de mode opératoire.

Subissant les critiques de ce mouvement qui condamne publiquement le soutien américain inconditionnel à Israël, l’AIPAC est entré directement dans la bataille électorale pour la première fois, par le biais du lancement d’un comité d’action politique qui fait des dons aux candidats et d’un fonds de dépenses directes connu sous le nom de « United Democracy Project », devenant ainsi l’un des plus gros dépensiers lors des élections au Congrès.

Elle a intensifié son activité lors des élections de mi-mandat de 2024, dans un contexte de polarisation croissante au sein de la société américaine suite à la guerre israélienne dans la bande de Gaza.

Lors de ces élections, l’organisation a dépensé environ 100 millions de dollars et s’est attribuée la victoire de 361 candidats pro-israéliens. Elle est également parvenue à faire battre deux représentants progressistes de premier plan, Jamal Bowman et Cory Bush, qui soutenaient les droits des Palestiniens, après avoir dépensé plus de 25 millions de dollars contre eux lors de ce qui a été décrit comme « l’élection primaire la plus coûteuse de l’histoire du Congrès ».

En février 2026, l’AIPAC a dépensé plus de 2 millions de dollars lors d’une élection primaire dans l’État américain du New Jersey pour déloger le représentant démocrate Tom Malinowski, pour avoir franchi une ligne rouge en étant ouvert à l’idée de restreindre l’aide américaine à Tel Aviv.

Mais la chute de Malinowski en eu l’effet inverse escompté : elle a ouvert la voie à l’activiste progressiste Annalelia Mekhia pour remporter un siège à la Chambre des représentants, après avoir qualifié la conduite d’Israël dans la bande de Gaza de génocide.

Ayant perdu la bataille de la réputation tandis que le nombre de candidats refusant de recevoir son argent a augmenté, l’AIPAC a de nouveau changé son mode opératoire, indique le rapport d’Al Jazeera. Elle a désormais recours à la dissimulation de ses empreintes digitales en faisant transiter de l’argent par des groupes qui n’ont aucun lien apparent avec Israël, tels que « 314 Action », qui se concentre sur le soutien de candidats ayant une formation scientifique.

L’AIPAC a également créé des comités qui s’activent soudainement avant les élections, sous des noms locaux tels que « Élire les femmes de Chicago ». Ces comités dépensent des millions de dollars, dissimulent l’identité de leurs financeurs, occultent toute mention d’Israël dans leurs publicités et se concentrent sur des enjeux locaux comme la fiscalité et l’immigration. Il leur est même arrivé de financer des publicités vantant un candidat en particulier, non pas pour le soutenir, mais pour disperser les voix de ses concurrents plus sérieux.

Aux critiques qui affirment que ces tactiques nuisent à la transparence des élections, l’AIPAC soutient que toutes ses activités sont légales, tirant parti des failles des lois sur le financement des campagnes électorales.

Source : Médias