mercredi, 12/08/2026   
   Beyrouth 08:13

Liban|Une séance législative chargée : abolition de la peine de mort, adoption de la loi sur les médias et report de l’amnistie générale

Le Parlement libanais a adopté, mardi, la loi abolissant la peine de mort après avoir amendé son texte, à une majorité parlementaire et au terme de larges débats en séance plénière.

La formule adoptée prévoit de punir les crimes commis avant l’entrée en vigueur de la loi de la réclusion à perpétuité, tandis que ceux commis après sa prise d’effet seront passibles de la réclusion à perpétuité aggravée, dans le cadre d’un compromis visant à résoudre les problèmes juridiques liés à l’application du nouveau texte.

Le débat sur la loi d’abolition de la peine de mort a donné lieu à des positions parlementaires divergentes : le bloc de la « Loyauté à la Résistance » s’est opposé à l’abolition et s’est retiré de la séance, tandis que le député Abdel Rahman Al-Bizri a proposé un amendement visant à remplacer la peine de mort par les travaux forcés à perpétuité pour les crimes antérieurs, et par les travaux forcés à perpétuité aggravés pour les crimes ultérieurs.

À l’inverse, le député Georges Adwan a appelé à ajourner l’examen de l’abolition pour entamer le débat sur la loi d’amnistie générale.

Le député Teymour Joumblatt a soutenu l’abolition, réaffirmant la position du « Rassemblement démocratique » en faveur de cette orientation.

son côté, le ministre de la Justice, Adel Nassar, a appuyé l’abolition, qualifiant cette étape d’« historique ».

Différend entre Nawaf Salam et le ministre de la Défense

La séance a également été marquée par un climat tendu et de vives altercations lors de la discussion sur l’amnistie générale, en raison d’un différend entre le président du gouvernement, Nawaf Salam, et le ministre de la Défense, Michel Menassa, ce qui a nécessité des contacts et des démarches pour apaiser la tension et poursuivre les travaux.

La décision sur la loi d’amnistie générale a été reportée à une séance ultérieure en raison de la persistance des désaccords sur certains articles et sur son champ d’application, notamment entre les parties concernées par le dossier.

Les blocs parlementaire du Courant Patriotique Libre (CPL) et du Hezbollah se sont retirés de la séance du soir, juste avant le vote sur la loi d’amnistie générale.

Le député Ibrahim Kanaan s’est également retiré de la séance législative après le refus d’écouter l’avis et les remarques du commandement de l’armée et du ministre de la Défense nationale, Michel Menassa, concernant la loi d’amnistie.

Loi sur les médias

Au cours d’une séance nocturne, les députés ont en outre adopté la loi sur les médias après l’examen et l’amendement de plusieurs articles, sur fond de divergences quant aux mécanismes de régulation du secteur, aux limites de la censure et aux garanties de la liberté d’expression.

À l’issue de la séance, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a écrit sur son compte X : « Félicitations pour la nouvelle loi sur les médias, qui vient remplacer un texte vieux de 30 ans ».

Le président de la commission parlementaire de l’Information, le député Ibrahim Al-Moussaoui, a exprimé une réserve d’ordre professionnel quant à la précipitation d’adopter le texte en l’état, soulignant qu’un si long parcours exigeait un temps de réflexion supplémentaire pour corriger certaines lacunes procédurales.

Il a ajouté que la désignation des membres de l’Instance nationale « n’est pas un détail ; la loi donne cette prérogative aux instances et syndicats, mais qui dit que les syndicats ne sont pas politisés ? », demandant le renvoi du texte en commission pour un examen plus approfondi.

Dans la foulée, le président du syndicat des rédacteurs de presse, Joseph Kossaifi, a invité tous les journalistes et rédacteurs à se rendre au siège du syndicat de la presse ce mercredi à 11 h 00, où se tiendra une conférence de presse conjointe entre les deux syndicats pour rejeter la loi et adopter un plan d’action pour la combattre, afin de défendre la liberté des médias et des journalistes et de préserver l’unité du corps médiatique.

Source : Médias