mercredi, 05/08/2026   
   Beyrouth 13:40

Député Ammar répond à Nawaf Salam : Vous ne faites plus la différence entre celui qui viole la souveraineté et occupe le territoire, et celui qui le défend

En réponse aux déclarations du chef du Gouvernement, Nawaf Salam, le député Ali Ammar, membre du bloc de la Fidélité à la Résistance, a souligné qu’« il est bien étrange et curieux de voir les piliers du président du Gouvernement trembler lorsqu’il a été dit que le pouvoir rendait, de fait ou à son insu, service à l’ennemi israélien. Cela l’a poussé à précipiter la publication d’un communiqué où il répète le même refrain usé, alors même qu’on ne retrouve pas cet élan surprenant, ce zèle et ce ton face aux crimes quotidiens commis par l’ennemi contre le Liban — qu’il s’agisse d’atteintes à la souveraineté, de la destruction de villages, du nivellement et de l’explosion de maisons, de champs et d’infrastructures — ni en réaction aux déclarations des dirigeants de l’ennemi qui proclament haut et fort leur refus de se retirer du Sud-Liban. »

Le député du bloc Fidélité à la Résistance a estimé que « le président du Gouvernement, qui a accepté de se placer hors du tableau et de l’action, semble hélas ne plus faire la différence entre celui qui viole la souveraineté et occupe le territoire, et celui qui le défend. Il a ainsi choisi de lancer des accusations gratuites au lieu de répondre aux questions fondamentales posées par le Secrétaire général du Hezbollah, et au lieu de saisir son appel sincère au dialogue et à l’unification de la position nationale face à l’occupation. »

Et M.Ammar d’ajouter: « Le chemin des concessions dans lequel le pouvoir a engagé le Liban n’a-t-il pas offert un cadeau gratuit à l’ennemi israélien ? Légaliser l’occupation n’est-il pas une aide pour lui ? Renoncer au droit du Liban et des Libanais à poursuivre l’ennemi pour ses crimes n’est-il pas une aide pour lui ? Faire preuve d’hostilité envers la résistance au moment même où l’occupation poursuit son agression contre le Liban n’est-il pas une aide pour lui ? De plus, le président du Gouvernement est-il capable d’énumérer aux Libanais un seul gain national obtenu par la voie des négociations directes, en dehors de plus de tergiversations, d’agressions et de concessions ? »

Il a conclu : « Il aurait convenu au président du Gouvernement de répondre à ces questions au lieu d’y échapper par un discours accusateur, et d’accueillir avec responsabilité l’appel sincère au dialogue, d’arrêter les concessions gratuites et d’unifier les efforts pour défendre le Liban et sa souveraineté. »

Rappelons que Nawaf Salam a fait porter au Hezbollah la responsabilité d’avoir entraîné le Liban dans des guerres qui « l’ont lié à des axes extérieurs », estimant que la souveraineté ne s’accomplit qu’avec une décision unique, un seul État et une seule armée.

Plus tôt mardi, le secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem avait adressé de vives critiques au gouvernement, estimant qu’il « avait été une aide pour Israël au lieu d’être une aide pour la souveraineté du Liban ».

Cheikh Qassem avait ajouté que le président de la République, Joseph Aoun, « n’avait pas agi en arbitre ni en rassembleur, mais qu’il était devenu une partie prenante et un facteur de division, ce qui ne concorde nullement avec son rôle ni avec la force du Liban ».

Il avait également appelé le pouvoir à « cesser les concessions gratuites, à ouvrir la porte du dialogue avec la résistance, à restaurer la situation interne et à réaffirmer l’intérêt pour la souveraineté nationale en y travaillant sur le terrain, jusqu’à obtenir le retrait d’Israël et la restitution de la terre à la patrie avec tout ce que cette question implique ».

Source : Médias