dimanche, 01/02/2026   
   Beyrouth 22:26

Le Venezuela est devenu une colonie américaine (Journaliste palestino-vénézuélienne)

La journaliste palestino-vénézuélienne Dima al-Khatib a rapporté que le Venezuela est devenu de facto une colonie américaine, sous occupation militaire aérienne, maritime et cybernétique.

Tout en admettant qu’il n’y a pas de soldats au sol, elle a fait état d’un blocus naval total qui bloque toutes les exportations de pétrole vénézuéliennes, dont dépend l’économie du pays.

Selon elle, une force de dissuasion aérienne est déployée depuis le 3 janvier, date à laquelle le président Nicolas Maduro a été enlevé et emmené aux Etats-Unis où il est emprisonné.

« Quiconque ose refuser de se soumettre aux diktats de la puissance coloniale occupante subit des intimidations et des pressions constantes, non pas secrètes, mais publiques », a-t-elle indiqué.

Selon elle, il s’agit d’une guerre coloniale menée et décidée avec une rapidité stupéfiante, grâce à l’écrasante supériorité technologique, militaire, logistique et informationnelle des États-Unis, et avec la complicité de certains acteurs internes.

Et d’ajouter : « La souveraineté vénézuélienne a pris fin, et le Venezuela n’a plus la capacité de prendre des décisions souveraines et indépendantes. La puissance militaire coloniale américaine a choisi de maintenir le gouvernement vénézuélien actuel en place afin de préserver la stabilité et ainsi s’emparer des ressources naturelles et les exploiter immédiatement, tout en éliminant ses rivaux politiques stratégiques – la Chine, la Russie et l’Iran – d’une région qu’elle considère comme son arrière-cour ».

Quant au gouvernement vénézuélien, il a opté pour « une approche de soumission totale aux exigences des puissances coloniales, tout en conservant une certaine marge de manœuvre sur des questions secondaires. Cela inclut la préservation d’une rhétorique politique traditionnelle, affichée comme souveraine, contrastant fortement avec ses décisions choquantes et ses changements rapides, parfois radicaux comme la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui a ramené le pays à l’ère pré-Chávez. »

Fin janvier, l’Assemblée nationale vénézuélienne a adopté une réforme de la loi qui ouvre le secteur des hydrocarbures au privé. En même temps, Washington a levé les sanctions qui pesaient sur Petroleos de Venezuela (PDVSA), autorisant de facto les entreprises américaines à commercer avec ce géant pétrolier public.

Le nouveau texte autorise la signature de contrats destinés à permettre aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’État. Il doit aussi dynamiser l’exploration, réservée jusqu’ici à ce dernier.

Assurant que les sanctions américaines se sont avérées efficaces, Dima al-Khatib estime que « Washington a triomphé et Maduro a échoué deux fois : avec son propre peuple et avec l’ennemi. »

Elle a fait part de son pessimisme de voir le Venezuela libéré du colonialisme et de toute domination étrangère.

« Cette équation semble difficile à réaliser pour un pays possédant les plus importantes réserves de pétrole au monde, et elle l’est peut-être pour tout pays qui ne dispose pas d’une puissance militaire et technologique dissuasive à une époque d’intimidation impérialiste où le droit international n’est plus appliqué et où les Nations Unies sont quasiment inexistantes », a-t-elle conclu.

Source : Médias