lundi, 03/08/2026   
   Beyrouth 08:14

Sud-Liban|Les USA adoptent le « protocole exécutif » : ‘Israël’ décide qui rentre chez soi ! Les concessions du pouvoir se poursuivent

Face à la politique de la terre brûlée que l’ennemi israélien continue de mener au Sud — allant du dynamitage des villages et de la destruction des conditions de retour jusqu’au maintien des zones frontalières sous le coup des agressions —, le pouvoir libanais persiste à parier sur la voie des concessions.

Il élargit le cadre des négociations sans obtenir le moindre engagement de l’ennemi à se retirer des territoires libanais qu’il occupe toujours. Les « prouesses » du pouvoir ne semblent avoir aucune limite.

Alors qu’il s’est avéré que la délégation libanaise avait déjà signé une annexe sécuritaire à l’accord-cadre — rendant caduque la notion de « retrait total » du territoire libanais —, l’équipe du président de la République, Joseph Aoun, va encore plus loin dans son alignement sur les exigences américaines et israéliennes.

En acceptant le projet d’une annexe exécutive confidentielle supplémentaire, elle offre à l’ennemi une marge d’intervention plus vaste dans l’avenir de la région Sud, restreint la liberté de mouvement de l’État comme des citoyens, et impose des conditions de nature à entraver toute dynamique future de libération totale et de reconstruction.

Selon les informations du quotidien libanais Al-Akhbar, les plus hauts responsables du pouvoir ont reçu, au cours des deux dernières semaines, une série d’avertissements de la part de responsables régionaux et internationaux soulignant les risques majeurs d’un tel accord avec ‘Israël’.

Loin de les inciter à réviser leur approche, ces mises en garde les ont poussés à élargir la délégation libanaise participant au cycle de négociations de Rome en y intégrant des experts juridiques et économiques chargés des dossiers frontaliers et de la reconstruction.

La délégation est présidée par l’ambassadeur Simon Karam, avec la participation de l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, aux côtés d’une équipe militaire de six officiers.

Al-Akhbar a appris qu’elle s’est également enrichie de la conseillère du président de la République pour les affaires économiques, Rouba Harati, et de l’avocat Antoine Sfeir. Mais le fait le plus marquant reste l’intégration de l’expert des frontières maritimes, Nagib Massihi, ainsi d’un officier de l’armée libanaise issu de la famille El-Khazen. Une démarche qui laisse entendre que le Liban valide les intentions affichées il y a peu par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, d’annuler l’accord de délimitation des frontières maritimes.

Pendant que le Liban tente de se poser en partie garante de la stabilité par le biais des institutions et des traités, ‘Israël’ aborde les négociations comme un moyen de gagner du temps et de durcir ses conditions, et non comme un processus visant à honorer ses engagements. Tout en accompagnant le volet politique, Tel-Aviv poursuit ses opérations militaires sur le terrain pour imposer de nouvelles réalités et redessiner le paysage frontalier selon la logique de la force.

Dans ce contexte, des sources bien informées ont indiqué à Al-Akhbar que l’ennemi est parvenu à convaincre les États-Unis d’élaborer de nouveaux documents de travail liés à l’accord-cadre.

Le Commandement central américain (CENTCOM), qui coordonne les contacts entre l’armée libanaise et les forces d’occupation, a présenté un projet de « protocole exécutif » fixant les modalités de mise en œuvre de l’annexe sécuritaire.

D’après ces mêmes sources, la partie américaine a repris à son compte une grande partie de la vision israélienne, en particulier les clauses visant à faire pression sur l’armée libanaise. L’objectif est soit de la pousser à l’affrontement avec le Hezbollah ou avec les habitants des villages frontaliers, soit de la faire passer pour incapable d’exécuter ses engagements, fournissant ainsi à ‘Israël’ un prétexte pour maintenir son occupation et refuser tout retrait.

Les sources ajoutent que les propositions israéliennes prévoient un recensement total des villages du Sud. Cette cartographie inclut le dénombrement des habitations, l’identification de leurs propriétaires, des commerces, ainsi que des institutions religieuses et sociales.

Elle va jusqu’à exiger de l’armée libanaise qu’elle empêche le retour de certains villageois sur la base de listes établies par les services de renseignement israéliens, ciblant des personnes présentées comme des cadres ou des membres militaires du Hezbollah dont la présence constituerait une « menace sécuritaire » pour Israël.

Tel-Aviv a également ressorti sa vieille exigence d’effectuer des perquisitions dans les habitations et les propriétés privées sans autorisation judiciaire préalable.

Tout cela coïncide avec l’annonce par ‘Israël’ de la fin de mission du groupe de combat de la 401ᵉ brigade au Liban-Sud, après plusieurs mois d’opérations sous le commandement de la 91ᵉ division. Une initiative que Tel-Aviv a tenté de vendre comme une transition vers une nouvelle phase après l’accomplissement d’objectifs militaires.

Toutefois, le calendrier de cette annonce — qui intervient sur fond de démolitions ciblées, de bombardements continus et d’incendies de maisons — montre qu’il ne s’agit pas d’un repli des opérations, mais d’une redistribution des rôles destinée à consolider les gains de la phase précédente.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar