La Jordanie a interdit, le mercredi 23 avril, toutes les activités des Frères musulmans et fermé leurs bureaux dans le royaume, a annoncé le ministre de l’intérieur Mazen al-Faraya, accusant ce mouvement de déstabiliser la Jordanie et de se doter d’armes.
« Il a été décidé d’interdire toutes les activités des soi-disant Frères musulmans et de considérer toute activité (de leur part) comme une violation des dispositions de la loi », a déclaré le ministre.
« Tous les bureaux » utilisés par le mouvement, « même en partenariat avec d’autres organisations », seront fermés, a affirmé le ministre de l’intérieur.
Les membres de cette confrérie « opèrent dans l’ombre et se livrent à des activités susceptibles de porter atteinte à la stabilité et à la sécurité », du pays, a-t-il prétendu.
Selon le ministre, les autorités ont découvert « des explosifs et des armes circulant entre différentes villes jordaniennes, stockés dans des quartiers résidentiels, ainsi que des opérations de fabrication et de dissimulation de roquettes en périphérie de la capitale ».
Il a également évoqué « des activités d’entraînement et de recrutement menées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. »
Les Frères musulmans avaient poursuivi leurs activités en Jordanie malgré la décision de la plus haute juridiction du pays, en 2020, de dissoudre le mouvement, les autorités fermant les yeux sur leurs activités.
L’aile politique, le Front d’action islamique, est depuis devenue le premier parti au Parlement jordanien, remportant 31 des 138 sièges lors des élections de septembre 2024.
Mazen al-Faraya a déclaré que la Jordanie allait également « confisquer les actifs du groupe conformément aux décisions judiciaires en la matière, interdire la promotion des idées du groupe sous peine de poursuites, et considérer l’adhésion à ce groupe comme un acte interdit ».
Le 15 avril, les services de renseignement jordaniens avaient annoncé l’arrestation de seize personnes pour « terrorisme », les accusant notamment de possession et fabrication d’armes telles que des roquettes.
Les Frères musulmans ont dénié toute connaissance de cette affaire, renvoyant à des actions individuelles en « soutien à la résistance palestinienne ».