Le ministre de la Sécurité nationale de l’occupation israélienne Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, s’est rendu mercredi matin sur l’esplanade des Mosquées dans la ville sainte d’Al-Qods occupé et annexé par Israël.
Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre Ben-Gvir accompagné du rabbin Shmuel Rabinovich dans les cours de la mosquée Al-Aqsa sous une forte sécurité israélienne.
C’est la première visite de Ben Gvir depuis son retour, le 19 mars, dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu qu’il avait quitté le 19 janvier pour protester contre la trêve conclue avec le mouvement palestinien Hamas.
Depuis la formation du gouvernement de M. Netanyahu fin 2022, il s’est rendu au moins à huit reprises sur ce site sacré de la Ville sainte, provoquant à chaque fois un tollé international.
Cette incursion s’inscrit dans le cadre des appels des « Organisations du Temple » en vue d’intensifier les incursions à Al-Aqsa à la veille de la fête juive de Pessah, qui tombe la troisième semaine d’avril.
Dans un communiqué, le Hamas a dénoncé une « dangereuse escalade » et qualifié la visite de « provocation ».
En vertu d’un statu quo décrété après la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967, les non-musulmans peuvent se rendre sur l’esplanade à des heures précises, sans y prier, mais cette règle est de plus en plus souvent bafouée par un nombre croissant de juifs nationalistes.
Cette règle a même été enfreinte publiquement par Ben Gvir de façon spectaculaire en août 2024 alors même qu’il est le ministre chargé de la faire respecter.
Le rabbinat interdit aux fidèles de se rendre sur l’Esplanade de peur de profaner les lieux, mais Ben Gvir aime à venir y affirmer ce qu’il présente comme la souveraineté d’Israël sur l’endroit.
Moshé Gafni, député israélien de la formation ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah, membre de la majorité gouvernementale, a fustigé la visite de M. Ben Gvir estimant qu’elle constituait une « profanation du lieu le plus sacré pour le peuple juif ». « Cela ne prouve pas votre souveraineté [sur cet endroit], au contraire cela constitue une profanation du lieu saint et provoque un conflit inutile dans le monde musulman et au-delà », a-t-il écrit sur X, en s’adressant à M. Ben Gvir.
Cette incursion a été condamnée par la Jordanie qui administre l’esplanade des mosquées, et dont le ministère des Affaires étrangères a déploré « une violation du caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa et de son statu quo historique ». Elle a aussi été dénoncée par l’Egypte et l’Arabie saoudite.
L’ONU condamne régulièrement toute tentative de changer le statu quo et d’imposer des changements unilatéralement sur le terrain à Jérusalem-Est.