Selon le bilan encore provisoire de l’agression israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, dans la nuit de lundi à mardi, 4 martyrs ont été recensés dont une femme et 6 blessés.
Le raid aérien perpétré contre un bâtiment résidentiel dans le quartier Hay Madi a détruit trois appartements et causé des destructions importantes.
C’est la deuxième attaque contre la banlieue sud de Beyrouth depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu fin novembre dernier. Elles s’ajoutent aux milliers d’attaques contre le sud du Liban et la Bekaa à l’est en violation flagrante à l’accord parrainé par le Comité de supervision dirigé par les Etats-Unis et la France.
Le député du bloc Fidélité à la résistance Ibrahim Moussawi a déclaré que l’attaque constitue « une offensive très importante », estimant que « sa responsabilité en incombe à la communauté internationale, aux Etats-Unis et aux états occidentaux ». « Ce qui se passe est une continuation de la guerre par d’autres moyens, l’ennemi n’a pas respecté la résolution 1701 et l’a violée 1.500 fois ce qui a fait des dizaines de martyrs et des centaines de blessés ».
Moussawi a ajouté : « Le fait de tuer des civils ne peut être toléré ni admis quel que soit le prétexte et ce que l’ennemi propage sur la présence d’un résistant dans les appartements résidentiels ne peut constituer de prétexte légitime. Le droit international et la convention de Genève prohibent les attaques contre les individus même s’ils sont des combattants quand ils ne sont pas sur le front de guerre ou sont en état de retrait ».
Le Hezbollah a annoncé le martyre du « commandant Hassan Ali Bdeir comme martyr sur la voie d’al-Qods ». Dans un communiqué, il a indiqué qu’il s’est élevé en martyre ainsi que son fils dans le raid de Hay Madi.
Le raid israélien meurtrier a été condamné par le chef de l’Etat, le Premier ministre et le chef du Parlement.
« Cette offensive constitue un avertissement grave sur les intentions préméditées contre le Liban », a déploré le Président Joseph Aoun. « La persistance d’Israël dans son agression exige que nous déployions davantage d’efforts pour nous adresser aux amis du Liban dans le monde et les rallier à notre droit à la pleine souveraineté sur notre territoire, et pour empêcher toute violation de celui-ci de l’étranger ou de la part d’infiltrés dans le pays qui fournissent un prétexte supplémentaire à l’agression. »
Le chef du législatif Nabih Berri a déclaré : « L’agression est une tentative israélienne, par le feu, le sang et la destruction, d’assassiner la résolution de l’ONU et de saper son mécanisme de mise en œuvre, qui est inclus dans l’accord, auquel le Liban a pleinement adhéré ». Il a ajouté que « l’agression vise directement les efforts des forces militaires, de sécurité et judiciaires libanaises, qui ont fait des progrès significatifs dans la découverte des circonstances des récents incidents suspects dans le sud, qui portent les empreintes israéliennes dans leur calendrier, leurs objectifs et leurs méthodes », en allusion aux tirs de roquettes depuis le sud du Liban qui ont servi de prétexte pour la première attaque contre la banlieue-sud de Beyrouth.
« C’est une violation flagrante de la résolution 1701 de l’ONU, qui affirme la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, et une violation flagrante des accords de cessation des hostilités conclus en octobre dernier », a condamné le chef du gouvernement Nawaf Salam.
Le correspondant d’Al-Manar a rapporté ce mercredi que l’armée libanaise a pu enlever mardi toutes les barrières en terre érigées par l’ennemi sur la route menant de la place de la localité d’Odaysseh vers Khallet al-Mahafer au sud de la ville, jusqu’au site de la FINUL, malgré les tentatives de l’ennemi pour entraver sa mission.
Le Centre des opérations d’urgence de santé publique du ministère de la Santé publique avait précédemment annoncé dans un communiqué que « des tirs ennemis israéliens avaient ciblé la localité d’Odaysseh, blessant un citoyen ».
L’Agence nationale de presse a rapporté que l’ennemi a également ouvert le feu sur une voiture Rapid, mais faire de victime.